Un pèlerin d’Angkor

Paris, Calmann Lévy, 1912.
1 vol. (115 x 180 mm) de 234 p. et 1 f. Demi-chagrin bronze, dos à nerfs orné de fleurons dorés, titre doré, chiffre en pied « M. L. », couvertures conservés.
Édition originale.

Envoi signé : « à Maurice de Lacoste, bien amicalement, Pierre Loti ».

En 1901, lorsque Pierre Loti visite Angkor, il accomplit l’un de ses plus anciens rêves. Ce rêve remonte à l’enfance : son frère aîné Gustave, médecin de marine, mort à Saïgon en 1865, avait rapporté d’Indochine des objets, des notes et des récits qui avaient durablement frappé l’imagination du futur écrivain. Voir Angkor, pour Loti, ce n’est donc pas seulement découvrir un site mythique mais c’est rejoindre une promesse ancienne, qu’il effectue au cours d’une mission officielle en Extrême-Orient.

À cette date, le Cambodge est placé sous protectorat français depuis 1863, et Angkor devient progressivement un objet d’étude, de restauration, de prestige et de projection pour l’administration coloniale et les savants français. L’École française d’Extrême-Orient commence alors à jouer un rôle décisif dans la conservation et la mise en valeur du site. Un pèlerin d’Angkor est à la fois un document sur la rencontre occidentale avec les ruines khmères, un jalon dans l’histoire littéraire d’Angkor, et l’un des derniers grands livres de voyage de Loti.

Exemplaire d’intéressant dédicataire : son cadet de l’École Navale et ami, Maurice de Lacoste. Natif de Metz en 1864, ce dernier entre à l’école navale en 1882, quinze ans après Loti. Aspirant de 1e classe en octobre 1885, il est tout d’abord affecté dans la division navale d’Extrême-Orient. C’est lors de ces premières traversées qu’il rencontre Pierre Loti, qui navigue dans ces mers depuis la même année à bord du Mytho, l’un des onze transports officiels des forces navales en Extrême-Orient. Promu lieutenant de vaisseau en octobre 1893, il est successivement affecté sur plusieurs cuirassés puis croiseurs, les fers de lance de la Marine et les plus puissants des navires de guerre de l’époque. Il sera affecté ensuite à la direction centrale de l’artillerie navale, puis capitaine de frégate avant d’être affecté à l’état major en 1909.

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