Le Rivage des Syrtes
C’est au Rivage des Syrtes, qui paraîtra trois moins après cette parution en extraits – en septembre 1951 -, que Julien Gracq doit sa notoriété auprès du grand public : par le prix Goncourt qui signala aussitôt l’importance du roman, mais aussi par le refus, demeuré fameux, que son auteur opposa à cette consécration, dénonciation par Gracq des dérives médiatiques et qu’il concrétisera par son constant retrait des tréteaux.
Roman d’attente, de frontière et de déclin, Le Rivage des Syrtes déploie une prose somptueuse et une métaphore d’un monde guettant sa propre fin. En 1982, lorsque le roman fut mis au programme de l’agrégation, Gracq devint le premier auteur vivant ainsi consacré. Il s’en étonna, dit-on, d’une formule restée célèbre : « Mais on ne met que les morts au programme ! ». Léopold Sédar Senghor en 1987, Eugène Ionesco en 1992, Claude Simon en 1998 et Philippe Jaccottet en 2004 eurent également droit à cet honneur. Cas unique, il devait y figurer une seconde fois, en 2008, avec Un balcon en forêt et La Presqu’île.
De la bibliothèque « Prix Goncourt » de Gérard Pouguet, avec ex-libris.

