Le Neuvième Jour

Paris, Grasset, (août) 1994.
1 vol. (130 x 205 mm) de 230 p. et [2] f. Broché.
Édition originale.

Envoi signé : « À Monsieur François Mitterrand, en déférent hommage. Hervé Bazin ».

Bandeau de librairie conservé.
De la bibliothèque François Mitterrand.

Publié en 1994, Le Neuvième Jour appartient aux derniers romans d’Hervé Bazin. L’auteur de Vipère au poing, devenu depuis longtemps une figure institutionnelle des lettres françaises et président de l’Académie Goncourt, depuis 1973, y abandonne le terrain familial qui fit sa célébrité pour s’emparer d’un sujet alors encore largement romanesque : l’irruption d’une pandémie mondiale.

L’intrigue s’ouvre sur l’apparition, à Bombay, d’une épidémie de grippe d’une violence inédite : la « surgrippe », avatar d’un virus instable, capable de mutations successives. Très vite, le foyer local devient menace planétaire. Les frontières n’arrêtent rien, les alertes circulent, les bilans s’alourdissent, les gouvernements hésitent, l’opinion s’inquiète, les savants sont sommés de répondre plus vite que la science ne le permet.

Le roman se construit alors comme une course contre la mort, où Hervé Bazin ne se contente pas de décrire la propagation d’un fléau mais observe les réactions d’une société entière confrontée à la peur. La lecture du roman, depuis l’expérience du Covid-19, est évidemment saisissante. Il serait excessif de faire de Bazin un prophète, mais il faut reconnaître la précision de certaines intuitions : la circulation mondiale et rapide du virus, la course au vaccin, l’angoisse devant les mutations virales, la défiance envers les autorités, le repli vers les maisons de campagne, la réorganisation de l’enseignement, la fragilité des commerces, la paralysie du tourisme, la fermeture des lieux de spectacle : tout est décrit à l’identique du confinement généralisé de 2020. Même certains détails matériels, comme l’apparition de la « nasette », donnent aujourd’hui au roman une étrangeté presque documentaire.

Offert à François Mitterrand, alors dans les dernières années de son second septennat, ce roman pandémique étonnamment prémonitoire devient, par sa provenance, un objet littéraire et politique de premier ordre !

De la bibliothèque François Mitterrand.

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