Un des 165 exemplaires sur hollande (n° 77), justifié et paraphé par l'éditeur.
Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d’abord comme soldat puis comme brancardier. C’est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien et de la « fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue, et l’odeur et l’infâme saleté, surnageant sur la terre vorace », écrivant depuis un carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues.
Le roman est prêt à la toute fin dès le printemps, et l’idée du Goncourt est déjà en germe pour ses éditeurs, avant même la signature du contrat. La parution des premiers chapitres, sous forme de feuilleton dans le quotidien L’OEuvre, débute le 3 août : les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, flairent la bonne affaire et contactent l’auteur pour acheter les droits du Feu. Le 26 octobre, à la veille d’une réunion préparatoire de l’Académie, ils lui écrivent :
« Nous avons parlé de la possibilité que nous entrevoyions relativement au Goncourt. Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. »
Barbusse hésite, lié à d’autres éditeurs, mais la perspective du Goncourt le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé – six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons). Le 15 novembre, le texte part à l’impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1 000 exemplaires, dont les grands papiers : 33 sur japon et 165 sur hollande.
Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin, le 15 décembre, avec huit voix, sans celle de Léon Daudet ni d’Elémir Bourges, comme il l’avait anticipé.
Un tirage spécial limité à 20 exemplaires pour la société de bibliophiles « Les XX » existe, tous signés par l’auteur.





