Un des 100 premiers exemplaires sur hollande (n° 3).
Envoi signé : « à ma chère Huguette Garnier que j'aime depuis toujours. Très tendrement, Marguerite Audoux ».
La dédicataire de cet envoi l'a enrichi d'un portrait photographique de sa chère amie.
Le 4 décembre 1910, le prix Vie Heureuse (futur Femina) distingue une romancière issue de la classe laborieuse, Marguerite Audoux. Son roman, Marie-Claire, se vend à plus de soixante-dix mille exemplaires. Le 5 mars 1937, ce titre sera repris par le magazine du même nom en l’honneur de cette ancienne couturière devenue écrivain. Marguerite Audoux qui fut aussi bergère, servante de ferme, cuisinière, manutentionnaire et blanchisseuse vécut à cheval sur deux siècles, parvint à s’élever socialement et à écrire quatre romans. Après Marie-Claire, elle publia L’Atelier de Marie-Claire, en 1920 et De la ville au moulin en 1926. Douce lumière, posthume, paraîtra en 1937.
Née à Sancoins le 7 juillet 1863, Audoux est bien vite orpheline de mère, à 3 ans, avant que son père, alcoolique, ne l’abandonne alors qu’elle n’a que 8 ans. Elle est recueillie à l’hôpital général de Bourges, où elle apprend et pratique la couture. À 15 ans, elle est envoyée dans une ferme de Sologne pour garder les moutons ; elle s’en enfuit et rejoint Paris en 1881, où elle pratique divers petits métiers avant de réussir à créer un véritable atelier de couture, qu’elle ouvre en 1895. Le peu de temps libre qu’il lui reste, elle le passe à écrire. La parution et le succès de Marie-Claire, avec une préface de Giraudoux, lui rendent les jours meilleurs ; elle devient une proche amie d’Alain Fournier, de Valery Larbaud et d’Octave Mirbeau, à qui elle va dédier De la ville au moulin.
Bel exemplaire offert à son amie, Huguette Garnier. « Ses romans, avec envois, se trouvent dans la bibliothèque de la couturière des lettres au Musée Marguerite-Audoux de Sainte-Montaine : Le Coeur et la Robe, Ferenczi, 1922 (‘A la bonne Marguerite Audoux que j’aime, sa blonde Huguette Garnier ‘) ; Quand nous étions deux…, Ferenczi et fils, 1923 (‘À Marguerite Audoux avec l’affection de sa blonde Huguette Garnier’) ; La Braconnière, Flammarion, 1927 (‘À Marguerite Audoux, sa soeur Huguette Garnier’) ; La Maison des Amants, La Nouvelle Revue critique, 1927 (‘À ma douce et chère Maguerite Audoux, avec toute la tendresse de sa blonde Huguette Garnier’). » (Archives Marguerite Audoux, EMAN, en ligne).
Une lettre du 11 avril 1923 d’Alice Mirbeau – l’épouse d’Octave Mirbeau -, questionne Marguerite Audoux à son sujet : « Je vous aurais écrit les jours prochains pour vous demander si Mme Huguette Garnier n’est pas de vos amies. » À l’évidence, elle l’est ! Une lettre d’Audoux et Garnier, en date de septembre 1921, débutait ainsi : « Arrive ! arrive ! ma blonde jolie ».
Huguette Garnier a contrecollé sur la page de l’envoi un portrait photographique de sa chère amie.
Georges Reyer. Marguerite Audoux, un coeur pur, Paris, Grasset, 1942 ; Bernard Marie Garreau, Archives Marguerite Audoux, eman-archives.org.



















