Paris, Ernest Flammarion, (janvier) 1919.
1 vol. (120 x 190 mm) de 290 p., [1] f. + [4] f. de cat. Broché.
Édition originale et premier tirage. Ex-libris manuscrit de Maurice Genevoix au faux-titre, daté du 5 février 1919.

Trois ans après Le Feu, auréolé du Goncourt et encore imprégné des blessures physiques et morales de la guerre, HenriBarbusse publie ce second grand roman militant. Clarté se veut un cri : celui de Simon Paulin, jeune villageois revenu du front changé, réveillé, prêt à crier non plus pour la France mais contre les structures mêmes qui ont permis la guerre.

Ce récit de métamorphose – d’un homme timide à un tribun de la révolution – déborde le cadre littéraire pour porter un message politique. Barbusse y formule un violent réquisitoire contre le capitalisme, le militarisme, les forces de l’argent et les hypocrisies des états-nations. Refusant le simple pacifisme, il appelle à un nouvel internationalisme révolutionnaire.

Le roman donnera son nom à un mouvement et à un journal hebdomadaire, Clarté, fondé officiellement en mai 1919 par Barbusse, Paul Vaillant-Couturier et Raymond Lefebvre. Tiré à 40 000 exemplaires, il se veut la voix des « citoyens du monde », unissant les intellectuels combattants décidés à mettre leur plume au service d’un nouvel ordre.

Genevoix, encore occupé par le cycle de ses récits de guerre, se procure ce livre dans les premières semaines de sa parution. La confrontation entre son humanisme mesuré et le messianisme révolutionnaire de Barbusse souligne les tensions idéologiques de l’après-guerre.

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