Letter to the général de Gaulle

Paris [October 8, 1947].
3 pages on 1 leaf, headed “Paris, 11 boulevard Lannes.”
“Remercions Dieu qui nous donne un chef”: a fine letter of fervent support for de Gaulle, in which Claudel sets out his reading of the new European balance: faced with Soviet power, Germany must henceforth serve as a “shield” for the West.

“Mon Général,

en rentrant hier à Paris, le journal m’a appris à la fois la splendide manifestation de Vincennes, la reconstitution du Komintern, le plébiscite de la Sarre. Excellentes, merveilleuses nouvelles ! Permettez-moi de vous adresser toutes mes félicitations pour votre admirable discours qui a fait tressaillir toute la France. Remercions Dieu qui nous donne un chef. Je regrette que mon éloignement de tout, dans ce petit village de Brangues, et mon grand âge, ne m’aient pas permis de figurer dans les diverses manifestations récentes, au premier rang de vos partisans. La déclaration des Neuf est merveilleuse. Je ne pouvais en croire mes yeux, chaque ligne va au-delà de ce que nous pouvions attendre, et je buvais du lait en la lisant. S’il y a encore des aveugles en France, c’est qu’ils le veulent bien. Ma grande joie, c’est que non seulement nous avons en vous un chef, c’est de sentir que dans tout l’Occident, à cette heure solennelle, il n’y a pas un homme à votre taille et que vous êtes appelé à prendre le commandement de la bannière [sic] internationale. La situation politique est maintenant claire. Il n’y a plus lieu de s’attarder aux défiances mesquines et aux rancunes passionnées. L’ennemi no 1 est la barbarie soviétique et que cela nous plaise ou non, c’est l’Allemagne qui a situation de bouclier. Quand on a un bouclier, il faut que ce bouclier soit solide. Agréez, mon Général, l’assurance de mon entier dévouement. P. Claudel.”

Having just returned to Paris from a stay in Brangues and a visit to Switzerland, Claudel had discovered in the press the speech delivered by de Gaulle at Vincennes on 5 October 1947, the announcement of the Cominform, and the results of the Saar elections.

At seventy-nine, he regretted that his remoteness and his age had prevented him from being, during the recent demonstrations, “in the front rank of your supporters.” A few months after the founding of the Rassemblement du peuple français, his support went beyond domestic politics: he saw in the General a European, if not Western, vocation:

“Ma grande joie, c’est que non seulement nous avons en vous un chef, c’est de sentir que dans tout l’Occident, à cette heure solennelle, il n’y a pas un homme à votre taille et que vous êtes appelé à prendre le commandement de la bannière internationale.”

His enthusiasm for the “déclaration des Neuf,” adopted by the communist parties meeting in Poland, may seem surprising. Claudel saw in it clear confirmation of the division of the world into two camps, dispelling any illusion about Soviet intentions: “Je ne pouvais en croire mes yeux, chaque ligne va au-delà de ce que nous pouvions attendre, et je buvais du lait en la lisant. S’il y a encore des aveugles en France, c’est qu’ils le veulent bien.”

The conclusion gives the letter its most singular significance. Two years after the war, the former ambassador urges that resentment toward Germany be set aside in favor of considering its role in the defense of Europe: “La situation politique est maintenant claire. Il n’y a plus lieu de s’attarder aux défiances mesquines et aux rancunes passionnées. L’ennemi n° 1 est la barbarie soviétique et que cela nous plaise ou non, c’est l’Allemagne qui a situation de bouclier. Quand on a un bouclier, il faut que ce bouclier soit solide.”

De Gaulle replied as early as 9 October, thanking him for the “precious comfort” his letter had brought him and expressing his wish to see him again and consult him. On 13 October, Claudel recorded in his Journal this reply, “full of warmth.” Their meeting took place on 31 October. In the notes he prepared for the interview, the poet urged the General to accept the presidency of the Council: “Nous avons besoin de vous immédiatement. Battre le fer quand il est chaud, ne pas s’user dans une campagne extérieure interminable.” De Gaulle, however, intended to wait; after the meeting, Claudel noted: “Il attend la crise financière décisive.”

The letter thus reflects a precise expectation: beyond homage to the liberator of France, Claudel expresses hope for his return to power, a return he would seek to hasten during their meeting.

The dating of 8 October is proposed on the basis of the Journal, which situates Claudel’s return to Paris on the evening of the 7th, and the opening phrase “en rentrant hier à Paris.” The edition of the correspondence gives 7 October.

Provenance: Charles de Gaulle (1890–1970); then Philippe de Gaulle (1921–2024); then Artcurial, “De Gaulle, Une succession pour l’Histoire,” December 16, 2024, no. 207.

Paul Claudel, Journal, t. II, Bibliothèque de la Pléiade, entries of 7, 13, 20, 23 and 31 October 1947, pp. 611–615; Correspondance Paul Claudel–Charles de Gaulle, p. 115 (in Bulletin de la Société Paul Claudel, no. 234).

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