Les Soeurs Lacroix

Paris, Gallimard, 1938.
1 vol. (119 x 188 mm) de 219 p. Broché.
Edition originale.

Un des 30 premiers exemplaires numérotés sur Alfa (n° 16).

Le roman, qui a pour cadre Bayeux (Calvados), fut rédigé à Hôtel de l’Etoile, à Saint-Thibault-sur-Loire, près de Sancerre, en décembre 1937. Simenon connaissait bien cette région, non seulement pour y avoir cadré plusieurs romans, mais parce qu’il vécut là, losqu’il était secrétaire du marquis de Tracy, en 1923 et 1924.

Simenon construit ici l’un de ses huis clos familiaux les plus étouffants. Les gestes quotidiens prennent valeur de menace et les repas deviennent des cérémonies hostiles. Chacun épie l’autre, tandis que les enfants cherchent à échapper à cette maison où les sentiments se sont lentement changés en poisons et lorsque l’apparition réelle de l’arsenic se fait jour, le crime n’est plus seulement un acte à élucider : il est le produit d’une longue décomposition familiale.

Publié d’abord en feuilleton dans La Revue de France, de janvier à mars 1938, Les Soeurs Lacroix appartient pleinement aux « romans durs » de Simenon. Sans Maigret, sans véritable enquête et presque sans échappée extérieure, l’auteur observe la lente progression du drame dans un univers clos, où la fatalité naît moins des circonstances que de la répétition des ressentiments.

Menguy, 55.

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