Saint-John Perse

ou poésie du royaume d'enfance
Dakar, 24 décembre 1961.
1 vol. (210 x 275 mm) de 1 f., 19 ff.ch. et 1 f. Agrafé, sous couverture orange titrée.
Tapuscrit original, corrigé, annoté, daté et signé par Senghor.

Une vingtaine de corrections, typographiques, mais aussi d'ajouts et d'annotations au texte - conformes au texte final.

Saint-John Perse fait paraître Amers, le plus long de ses poèmes, en 1957, qui marque le retour au pays de l’enfance, puis Eloges en 1960, sur la même veine : la première section du recueil, intitulée « Pour fêter une enfance », se compose de six poèmes de même longueur dans lesquels se déploie un hymne à l’enfance.

C’est une nouvelle découverte pour Senghor de la poésie de Perse, et un choc, qu’il présente comme un « foudroiement » au début de cette étude qu’il lui a consacre et qu’il fait paraître dans La Table ronde en mai 1962. Elle lui permet d’apprécier toute l’importance de la poésie de Perse depuis la lecture d’Exil, de Vents et jusqu’à celle d’Amers. Car c’est bien d’après-guerre que date la rencontre initiale, à la Libération. Dans la postface d’Ethiopiques, rédigée en 1954, Senghor précise : « Les poètes de l’Anthologie ont subi des influences, beaucoup d’influences ; ils s’en font gloire. Je confesserai même – Aragon m’en donne l’exemple – que j’ai beaucoup lu, des troubadours à Paul Claudel. Et beaucoup imité. […]. Je confesserai aussi qu’à la découverte de Saint-John Perse, après la Libération, je fus ébloui comme Paul sur le chemin de Damas ».

Saint-John Perse ne fut pas insensible à une telle marque d’admiration : dans une lettre adressée à Jean Paulhan depuis New York le 5 juin 1962, soit peu après la parution de l’article dans la revue La Table ronde, Perse écrit à Jean Paulhan : « On me communique un numéro de La Table ronde contenant sur mon oeuvre une étude des plus inattendues et des plus sympathiques de Senghor, que je ne connais pas personnellement (…) J’y ai trouvé des choses intéressantes rejoignant le fond poétique propre à l’Afrique noire. » Loin de l’exégèse gratuite, cette lecture a emporté l’adhésion de Perse, et c’est celui par lequel il rentreront alors en contact direct. Il est intéressant de signaler que parmi les archives de la Fondation Saint-John Perse se trouve une copie du tapuscrit [87.C du fond Critique], qui aurait été transmise apparemment par l’écrivain lui-même à la Fondation d’Aix-en-Provence. Il ne contient aucune correction et notre version est la seule corrigée qui semble exister.

Saint-John Perse ou poésie du royaume d’enfance sera ensuite intégré à Liberté 1, Négritude et humanisme, qui paraît au Seuil en 1964.

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