Week-end à Zuydcoote
Un des 2000 exemplaires sur alfama, reliés d'après la maquette de Mario Prassinos (n° 758).
Ce premier roman lança avec éclat la carrière de Robert Merle. Il adopte un réalisme froid et tendu qui frappe d’emblée critique et public, inspiré par son expérience directe alors qu’il est agent de liaison avec les forces britanniques. Il vécut de l’intérieur la déroute de l’armée française et des troupes britanniques, acculées et encerclées près de Dunkerque. La seule échappatoire est de partir par la mer : la retraite vers le Royaume-Uni s’organise alors avec c’est l’opération Dynamo.
À rebours des fresques héroïques ou patriotiques, Week-end à Zuydcoote décrit l’absurdité du conflit, la solitude de l’individu et la fragilité des repères moraux et affectifs dans la guerre moderne. Merle y campe le soldat Julien Maillat, incarnation de l’homme ordinaire pris dans le chaos. Le succès est immédiat : le livre s’impose comme l’un des grands récits de guerre de l’après-1945.
Le roman fut adapté au cinéma en 1964 par Henri Verneuil, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal, confirmant son statut d’oeuvre de référence sur la Seconde Guerre mondiale. Un autre point de vue sera mis en images 30 ans plus tard, avec le Dunkerque de Chrisopher Nolan, qui célèbre le patriotisme anglais à travers la bravoure de la flottille civile venue récupérer, sous les bombes, les boys en détresse. Aucune gloire, et fort peu d’héroïsme, en revanche, dans Week-end à Zuydcoote : antimilitariste et caustique, les valeurs et la morale sont les victimes collatérales de la débâcle, à l’image de ces deux soldats plus prompts à violer qu’à combattre. Très ironiquement, les seuls « ennemis » que tuent le sergent Maillat sont… français.
Rare cartonnage.
De la bibliothèque « Prix Goncourt » de Gérard Pouguet, avec ex-libris.

