Pedigree
Un des 200 premiers exemplaires sur vélin Alfama (n° 27).
À peine achevé la première version de ce texte, Simenon, en février 1941, envoyait comme à son habitude le tapuscrit à son ami et juge André Gide ; ce dernier se montrera plus réservé qu’à l’égard des Inconnus dans la maison, qu’il considérait comme le chef-d’oeuvre de l’auteur. En août 1942, Gide reçoit la version définitive qu’il juge meilleure mais regrette cette sorte de « laisser-aller à soi même » qui fait l’esprit de Pedigree. L’ouvrage ne sera pas publié, la guerre n’arrangeant rien. Mais Simenon n’avait-il pas besoin d’un exutoire ? « Lorsque j’ai écrit Pedigree, dira-t-il, j’avais une autre raison de l’écrire et j’avais surtout une raison de pousser un soupir de soulagement lorsque je l’ai terminé. Je me suis dit : j’en ai fini avec tous ces gens-là ! À présent que je les ai mis en chair et en os dans un livre, ils ne m’encombreront plus et je vais pouvoir écrire sur de nouveaux personnages. »


