Pétition pour des villageois que l’on empêche de danser

Paris, chez les marchands de nouveautés, 1822.
1 plaquette (135 x 205 mm) de 28 p. Broché.
Édition originale.

Styliste impeccable, admirateur des Provinciales, disciple de Voltaire, « Paul-Louis, vigneron » a renouvelé la tradition française du pamphlet politique en des formules incisives. Dans sa Tourraine natale où il s’installa comme vigneron, il étudia et traduisit les auteurs classiques et entreprit d’écrire de petits chef-d’oeuvres d’éloquence et de langue pure que sont ses Pamphlets, qui renouvelent la tradition française en des formules incisives : « Les gendarmes se sont multipliés en France ; bien plus encore que les violons, quoique moins nécessaires pour la danse. Nous nous en passerions aux fêtes du village, et à dire vrai ce n’est pas nous qui les demandons : mais le gouvernement est partout aujourd’hui, et cette ubiquité s’étend jusqu’à nos danses, où il ne se fait pas un pas dont le préfet ne veuille être informé, pour en rendre compte au ministre. »

Ce fameux pamphlet de Paul-Louis Courier a été « adressé aux députés pour obtenir l’annulation d’un arrêté préfectoral pris à la demande d’un jeune curé « bouillant de zèle », interdisant aux paysans de danser le dimanche sur la place d’Azai ; il a été saisi le 12 août. » (En français dans le texte, 233).

Courier tira bénéfice de la situation et dénonça cette mesure avec une férocité de velours qui lui permettra finalement d’échapper à toute poursuite judiciaire, mais non au tracas et aux persécutions. Pendant l’une de ses absences, la police passe au peigne fin la Chavonnière pour confisquer les exemplaires qui s’y trouveraient de cette Pétition pour des villageois…, ce qui explique sa rareté. Menacé d’une sanction pire que celle infligée lors de son précédent procès, Courier s’en tirera à bon compte : les juges ne trouveront aucun motif de poursuite à ce pamphlet et il sera relaxé.

Quelques usures à la couverture, et rousseurs en tête.

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