Les Cavaliers

Paris, Gallimard, (19 décembre) 1967.
1 vol. (135 x 205 mm) de 548 p. et 2 f. Broché.

#32222
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Les Cavaliers

Paris, Gallimard, (19 décembre) 1967.
Exemplaire signé.

L'exemplaire est enrichi d'un lettre tapuscrite, signée, annonçant son absence à venir pour terminer Les Cavalilers : « Bien que je sois, avant comme après, opposé au principe des visites académiques, j'aurais eu le plus grand plaisir à vous revoir à titre personnel. Mais je m'en vais pour plusieurs semaines, afin d'achever un roman commencé depuis trop longtemps. Je suis sûr cependant que nous nous reverrons, quand c'est à vous que l'on rendra visite. Bien cordialement votre, Josepk Kessel ».

Le début des Cavaliers est une photographie du paysage. C’est parce qu’il méditait de retrouver celui de son enfance, les steppes de l’Asie centrale, et parce qu’il lui était interdit de se rendre en Union soviétique, que Joseph Kessel entreprit de visiter l’Afghanistan. Il trouva, au début de l’année 1956, l’occasion de rendre ce périple fructueux : une équipe de tournage, composée des cinéastes Pierre Shoendoerffer et Raoul Coutard, est prête à réaliser un film qu’il écrirait sur place, au fur et à mesure. Cette équipée afghane méritait un livre entier, dont Kessel donnera un aperçu dans Le Jeu du roi, journal de bord du film en train de se faire et premières lignes d’où jailliront un jour Les Cavaliers, « son roman le plus abouti, le plus lyrique » qu’il mettra plusieurs années à écrire (Dominique Bona, in Les Partisans), « un record pour Kessel qui, à l’exception du Tour du malheur, écrit ses livres en un tournemain. »

Jacqueline Breitel, secrétaire de Kessel, expliquera au prix de quel effort il avait composé son roman : « Chaque jour il me confiait les écrits de la veille (…). Je lui apportais une frappe bien propre et le lendemain, outre les demi-feuilles manuscrites, il me la rendait raturée à plus de la moitié. J’estime qu’il a réécrit Les Cavaliers quatre ou cinq fois. Au moins ! Lorsqu’il reçoit le manuscrit de huit cents feuillets sur sa table, Gaston Gallimard est aux anges : il estime qu’il s’agit là du meilleur roman de son poulain depuis L’Équipage, achevé quarante-trois ans plus tôt » (in Dictionnaire amoureux de Kessel).

Le roman remporte à sa parution un immense succès tant public que critique : un hommage unanime et pour une fois sans fausses notes que peu d’écrivains peuvent se vanter de recevoir. Kessel en est heureux. Ces Cavaliers, son quatorzième roman, sera aussi le dernier qu’il écrira, et tout lui sourit – en tout cas sur le front des ses oeuvres : Bunuel vient d’acquérir le droit pour Belle de jour, et Les Cavaliers font l’objet d’une course frénétique entre les studios américains : c’est finalement la Columbia Pictures qui l’emporte, pour la somme colossale de cent millions d’anciens francs. John Frankenheimer dirigera les opérations et offrira les rôles du jeune Ouroz et du vieux Toursène à Omar Sharif et à Jack Palance. Pour Omar Sharif, cavalier hors pair, fasciné par le monde des chevaux, c’est un rôle en or, après Ali, prince du désert, qui a été le sien dans le Lawrence d’Arabie de David Lean, sorti cinq ans plus tôt.

Kessel n’en fit ni service de presse, ni ne put en offrir à ses proches : fin mars 1967, Michel Colomès et Igor Barrère, les deux piliers de « Cinq colonnes à la Une », lui proposent de partir en Afghanistan sur les traces des Cavaliers, d’autant que Kessel reçoit l’invitation officielle du roi Zahir Shah d’Afghanistan, lequel « évoquera cette épopée avec des trémolos dans la voix. Il lui dit qu’il est devenu le chantre du pays des Afghans et des cavaliers » (in Dictionnaire amoureux de Kessel).

La troupe embarque à Orly les derniers jours de mars, alors que le tirage en grand papier n’est même pas encore imprimé. Kessel est accompagné de son frère, Georges, et débarque à Calcutta le 2 avril. Le séjour dure plus de deux mois et Kessel ne rentre à Paris que le 8 juin, pour aussitôt repartir à New York le 10 et rejoindre Michèle, avant de rentrer en France au coeur de l’été et s’isoler ensuite à Menton jusqu’en septembre et ne regagne Paris qu’en décembre. Ce n’est qu’à ce moment qu’il peut signer des exemplaires des Cavaliers.

* L’INA propose de visionner cette émission en ligne, et nous ne pouvons que vous conseiller cette archive !

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