Le Feu

(Journal d'une escouade)
Paris, E. Flammarion, 1916.
1 vol. (115 x 180 mm) de 378 p. et [1] f. Demi-chagrin havane, dos à nerfs orné, monogramme « E. H. » en pied, couvertures conservées.

#32123
600 

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Le Feu

(Journal d'une escouade)
Paris, E. Flammarion, 1916.
Édition originale.

Envoi signé : « à Edmond Hue, son ami, Henri Barbusse ».

Conservée dans l'exemplaire, une lettre autographe signée au même, datée du 13 juin 1916, l'informant des prochaines livraisons des épreuves du Feu, à paraître dans son journal L'œuvre à partir du 3 août.

Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d’abord comme soldat puis comme brancardier. C’est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien au front : « […] fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue, et l’odeur et l’infâme saleté, surnageant sur la terre vorace », écrivant à partir du carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues.

Le roman est prêt juste avant l’été, et les premiers chapitres paraissent sous la forme d’un feuilleton dans le quotidien L’Oeuvre, à partir du 3 août 1916. C’est un immense succès, comme l’a été celui de Sous Verdun de Genevoix quelques mois plus tôt.

Précieux exemplaire, d’hommage et d’amitié
, à celui qui aura le premier accepté de publier son roman : Edmond Hue, le rédacteur en chef de L’OEuvre et celui qui aura eu la charge de suivre la parution du roman, non sans heurts avec Barbusse qui se plaindra régulièrement des coupes faites dans son texte. Ce qui n’empêcha pas les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, de flairer la bonne affaire : ils contactent dès septembre Barbusse pour lui acheter les droits du roman, lui promettant même, dès octobre, le prix Goncourt. « Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. » Barbusse hésite, lié à d’autres éditeurs, mais la perspective du prix le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé – six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons) ; le 15 novembre, le texte part à l’impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1000 exemplaires.

Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin un mois plus tard, le 15 décembre.

Edmond Hué a fait relier son exemplaire en y faisant ajouter ses initiales en pied, conservant également l’une des toutes premières lettres sans doute reçues après l’envoi des premières épreuves, en juin.

Jean Norton Cru, Témoins, p. 555 à 565 ; Talvart, I, 239, « il existe des exemplaires de la première édition tirés sur papier glacé, avant l’attribution du prix Goncourt. Les autres exemplaires de l’édition originale sont tirés sur papier de qualité inférieure ».

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