Le Feu

(Journal d'une escouade)
(Journal d'une escouade)

Paris, Flammarion, (décembre) 1916.
1 vol. (126 x 175 mm) de 378 p. et [1] f. Demi-maroquin brun à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, double couverture et dos conservés (reliure signée de Semet & Plumelle).

#29566
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Le Feu

(Journal d'une escouade)
(Journal d'une escouade)

Paris, Flammarion, (décembre) 1916.
Tirage spécial à vingt exemplaires réimposés sur Arches et réservés pour « Les XX », signés par l'auteur (n° 1).

Montée en tête : lettre autographe signée, adressée au président de la Société des XX, datée du 6 octobre 1917 « […] je vous suis très obligé d'avoir compris Le Feu dans votre belle et précieuse collection des XX, et c'est très volontiers que je signerai les pages de gardes que vous voudrez bien me faire parvenir… ».

Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d’abord comme soldat puis comme brancardier. C’est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien et de la « fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue, et l’odeur et l’infâme saleté, surnageant sur la terre vorace », écrivant depuis un carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues.

Le roman est prêt à la toute fin de l’été, et l’idée du Goncourt est déjà en germe pour ses éditeurs, avant même la signature du contrat. La parution des premiers chapitres, sous forme de feuilleton dans le quotidien L’Oeuvre, débute le 3 août : les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, flairent la bonne affaire et contactent l’auteur pour acheter les droits du Feu. Le 26 octobre, à la veille d’une réunion préparatoire de l’Académie, ils lui écrivent :

« Nous avons parlé de la possibilité que nous entrevoyions relativement au Goncourt. Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. »

Barbusse hésite, lié à d’autres éditeurs, mais la perspective du Goncourt le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé – six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons). Le 15 novembre, le texte part à l’impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1 000 exemplaires.

Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin, le 15 décembre, avec huit voix, sans celle de Léon Daudet ni d’Elémir Bourges, comme il l’avait anticipé.

Le présent exemplaire appartient au rare tirage des XX, limité à 20 exemplaires hors commerce, tous signés par l’auteur. Il s’agit du n° 1, réservé à Henri Lenseigne, président de la Société des XX. Une lettre autographe en tête, signée de Barbusse, permet de documenter précisément la publication : ce tirage est postérieur à l’édition originale, et ce n’est qu’en octobre 1917 que Barbusse accepte de signer les feuillets justifiés. L’enveloppe d’envoi conservée, oblitérée à cette date, le confirme.

Très bel exemplaire.

Des bibliothèques Henri Lenseigne (lettre autographe), Jules Exbrayat et José Fabbiani Ruiz (ex-libris).

Jean Norton Cru, Témoins, p. 555 à 565 ; Talvart, I, 239 (n’indique pas ce tirage).

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