Trois jours chez ma mère
Exemplaire de presse (papillon).
Envoi signé en couverture et au premier feuillet blanc : « Pour Yves Bréon, de la part de l'auteur, François Weyergans, 2005 ».
Le 3 novembre 2005, le jury choisit Weyergans par 6 voix contre 4 à Michel Houellebecq (avec La Possibilité d’une île). François Nourissier, ardent défenseur du livre de Michel Houellebecq, s’est exprimé avec quelque réticence : « Je n’aurai pas la moindre réaction. C’est le choix de la majorité auquel je me range. Houellebecq n’a pas eu le prix simplement parce qu’il n’a pas eu la majorité », a-t-il dit laconiquement avant de préciser que les délibérations du jury ont été « sincères et serrées ». Malgré le soutien récurrent du président Nourrissier, et pour la troisième fois, Houellebecq échoue ; un geste d’indépendance revendiqué par les Goncourt face au « jeu faussé » de l’emballement médiatique : l’académie consacre ainsi le troisième lauréat belge du prix (après Plisnier et Walder) et le deuxième auteur, après Philippe Hériat, à cumuler Renaudot (1992, La Démence du boxeur) et Goncourt, avec ce roman de l’atermoiement aussi drôle que mélancolique.
Trois jours chez ma mère met en scène un écrivain nommé… François Weyergans qui ne parvient pas à écrire le livre promis. Retards, voyages d’évitement, listes, projets farfelus, variations sur la filiation et l’amour filial : le texte avance en boucles, digressions et relances comiques, jusqu’au coeur tendre – la mère – autour duquel tout gravite. C’est une mise en abyme de l’écriture empêchée, un autoportrait en procrastinateur inspiré, où l’ancien cinéaste fraco-belge, (formé à l’IDHEC) cadence ses chapitres comme des plans : vif, elliptique, d’une ironie lumineuse qui cache mal la fragilité.
Bandeau éditeur conservé.

