Terres de grand feu
Le lien entre Miró et Char trouve son origine dans l’entremise de Christian et Yvonne Zervos, au sortir de la guerre. Leur première collaboration se fera pour l’édition de Fête des arbres et du chasseur, en 1948, et la lithographie qui l’ouvre. Plusieurs PAB et GLM suivront, jusqu’au point d’orgue de 1964 et l’édition chez Maeght du Flux de l’aimant, avec dix-sept pointes-sèches.
L’année précédente, Aimé Maeght aura donné pour Derrière le miroir cette admirable livraison, avec la célèbre lithographie en triple page placée en son centre.
La chaleureuse et fraternelle dédicace de Miró à Char n’est pas une posture, mais une sincère envolée d’un artiste vers le poète français avec lequel il aura le plus collaboré. Plouvier souligne, dans le Dictionnaire Char, combien « l’irradiation de la vie inexprimable posée par Char au principe de sa création a trouvé en Miró l’équivalent de son espace ».
Au même titre que Picasso, Brauner, Giacometti, de Staël ou Braque, Miró, dans l’oeuvre de René Char, est promu au titre quasi générique d’ « allié substantiel ».
Exceptionnelle et rare provenance.


