S.A.S.

Collection complète
Paris, Plon, 1965 - 2013.
200 vol. (110 x 175 mm). Brochés, sous couvertures illustrées par le dessin ou la photographie, réunis en coffrets.
Collection complète des aventures de Son Altesse Sérénissime Malko Linge, alias SAS.

Porté par le succès des films Docteur No (1962) et Bons Baisers de Russie (1963), James Bond avait fait son entrée en France, où les éditions Plon lui consacrent une collection à partir de février 1964. Mais Fleming étant mort prématurément et sans laisser de fonds d’inédits importants – il n’avait publié que 12 romans de James Bond de son vivant -, le filon 007 est rapidement épuisé.

Paul Paoli, qui vient de lancer chez Plon la collection « Nuit blanche » chargée de concurrencer la « Série noire » de Gallimard, presse alors son ami Gérard de Villiers, formé à Sciences-po puis journaliste d’investigation passionné par les « affaires étrangères », d’inventer un personnage récurent pour une série d’espionnage : la porte est ouverte pour l’arrivée de Son Altesse Sérénissime Malko Linge.

Il ne la fermera plus : « [il] a écrit presque quatre romans par an pendant près d’un demi-siècle – un exploit littéraire et commercial, avec parfois quatre sorties par an, sans équivalent dans le genre du thriller d’espionnage », précise Nicolas Gary dans un article consacré à SAS (« SAS : 60 ans d’espionnage et de géopolitique », in Actualitté, 18 mars 2025, en ligne). L’on ne peut guère opposer à cette production effrénée que celle des romans de Georges Simenon.

Publiée de 1965 (SAS à Istanbul) jusqu’à la mort de l’auteur en 2013 (La Vengeance du Kremlin), la série compte 200 titres – dont 159 stricts SAS qui présentent les aventures, enquêtes (et conquêtes, à côté desquelles 007 est un enfant de choeur) – qui mettent en scène le prince autrichien, lequel parcourt le monde en mission pour la CIA. Les volumes seront traduits en une vingtaine de langues et vendus à plus de 150 millions d’exemplaires à travers le monde : un indéniable succès qui constitue un pan du patrimoine populaire de l’édition française de la deuxième partie du XXe siècle.

Avant de publier un nouveau SAS, l’auteur partait systématiquement enquêter dans le pays où son action aurait lieu, en y vivant suffisamment de temps pour capter l’esprit du lieu comme l’esprit du temps. En résulte des romans d’une grande précision géographique et socio-culturelle, qui s’ouvrent généralement sur une séquence que l’on n’oublie pas : le cinéma s’est, depuis, massivement emparé de ce système, et particulièrement les James Bond, pour lesquels la séquence d’ouverture est bien souvent un scène d’anthologie qui plonge le spectateur dans le vif du sujet. Les incipit de de Villers participent du même scénario. Plusieurs titres, depuis SAS à Istanbul, sont emblématiques de leur époque, avec un flair et une compétence reconnus sur les enjeux géopolitiques, notamment avec des titres comme L’Ange de Montevideo (1973), Le Complot du Caire (1981), Mission à Moscou (1990), Les Tueurs de Bruxelles (1992), Bin Laden : la traque (2002) ou Le Trésor de Saddam (2006) : « j’ai besoin d’une histoire forte, qui implique de la politique, de la violence. Je fais de la géopolitique appliquée, si l’on peut dire. […] Je n’écris jamais de choses invraisemblables », expliquait Gérard de Villiers (in Entretien à Yves Couprie, 7 mars 2005).

En 2013, quelques mois avant sa mort, le New York Times lui consacre un long article, dithyrambique, intitulé « The Spy Novelist Who Knows Too Much », qui revient sur l’extraordinaire saga. « Afin d’illustrer l’image ambiguë du Ian Fleming français dans l’Hexagone, le quotidien new-yorkais donne la parole à Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères : « L’élite française prétend ne pas le lire, mais ils le lisent tous ». Védrine fait partie des inconditionnels de l’écrivain, dont il aurait lu pratiquement tous les romans. L’ancien ministre confie au New York Times qu’avant de se rendre dans un pays, il consultait toujours le SAS correspondant, une façon de se renseigner sur la vision qu’en avaient les services de renseignement français. » (Le Monde, 1er janvier 2013).

Cette collection est réputée difficile à réunir dans son intégralité : certains volumes des années 1960-1970, tirés à relativement peu d’exemplaires, sont particulièrement rares, sans parler des huit premiers titres, sur fond blanc et portrait de Malko, avant les éditions suivantes ornées de jeunes femmes en tenues plus ou moins suggestives, mais toujours armées.

La majorité des titres de notre collection sont dans les éditions d’origine, parfois en retirages, mais toujours sous les premiers états de ces couvertures.

L’ensemble a été regroupé et protégé sous des étui-coffrets, avec pièces de titre.

#31403
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