« Réponse au questionnaire de Luc Estang sur les écrivains mobilisés »

(1er trimestre 1940).
4 p. en 2 f. (210 x 297 mm), encre bleue.
Réponse à un questionnaire de Luc Estang pour une parution du Figaro au sujet des écrivains mobilisés.

« Dès les premiers jours de la guerre, les initiatives se sont multipliées pour procurer des livres aux soldats (…) Mais que lisent nos soldats ? Nous avons adressé à quelques jeunes écrivains mobilisés le questionnaire suivant : avez-vous emporté et recevez vous des livres ? Lesquels ? Les raisons de votre choix ? Que lit-on autour de vous ? (…) Révélez-vous vos auteurs préférés à vos camarades ? Recevoir des questions pour une enquête littéraire ! Quel doux rappel d’un temps que nous avons perdu ! ».

Troyat cite les livres emportés : « Dostoïevsky, pour achever la correction des épreuves de l’ouvrage que j’ai consacré à cet écrivain… le Journal de Gide, La Mousson (…), Souffrances et bonheurs d’un chrétien de Mauriac… le jour de la mobilisation, j’ai empilé quelques volumes susceptibles de résister au grand désordre, voilà tout (…). On lit peu de livres parmi les sous-lieutenant qui m’entourent… il existe une bibliothèque honorablement montée pour la garnison, mais surtout en ouvrages historiques et militaires… ».

Au sujet des lectures de ses camarades, il a l’impression « que les livres d’avant-guerre, je veux dire avant 1938-1939, paraissent demandés… ce qu’il faut aux mobilisés c’est : soit un dépaysement brutal dans le temps, soit au contraire un reflet sincère des journées qu’ils vivent depuis septembre dernier. Dans cet esprit, j’ai terminé un roman qui débute le jour de la mobilisation et qui s’intitule Judith Madrier. Le livre doit paraître dans Candide d’abord, puis chez Plon ».

Intéressant document.

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