René Char, conférence prononcée le 3 juillet 1946 à Paris par Gilbert Lély
Le texte de cette conférence donnée à Paris le 2 juillet 1946 (carton à parution conservé) constitue la première manifestation d’un intérêt public pour René Char, en même temps que la condamnation sans appel d’une certaine « poésie de résistance » et « le misérable retour à l’alexandrin observé au lendemain de la défaite ». Lely s’en prend ainsi à Aragon, sacré « poète national », se plaisant à rappeler que c’est Char qui trouva en 1932 le titre du tract surréaliste l’excommuniant : « Paillasse ! ».
Char a conservé dans l’exemplaire une carte postale que Lely lui avait envoyée au début de la guerre : « [Ch]er René, je commence [à m]e trouver inquiet de [ton] silence. Ne serais-tu [p]lus à Nîmes ? Rassure-[mo]i, je te prie. Je te [ré]pondrai longuement. [Po]ur l’instant, je te cherche. Fraternellement, Gilbert ». La carte, oblitérée le 15 septembre 1939, est adressée à « Monsieur René Char, 173e RAL, 2e CR-6e pièce, Nîmes » ; elle a été retaillée par le poète, sans doute pour pouvoir la garder dans ses papiers, vraisemblablement moins pour garder intact le souvenir écrit de l’ami que conserver la photographie du visage de Greta Garbo ! Le cliché est une photographie de la M.G.M., que nous joignons à l’ensemble, extraite d’un film que nous n’avons pas pu identifier. Il est assez émouvant de penser que Char ne s’est pas séparé de cette photo au début de la guerre voire au long de ces années de Résistance, avant de la joindre au livre de Lely.
Le volume est illustré de 4 planches hors-texte, parmi lesquelles figure la photographie de Char entouré des Ginoux mère et fils, dont nous proposons par ailleurs le tirage que le poète a offert à Max-Pol Fouchet.


