Un des 10 premiers exemplaires sur hollande (n° 8).
Dans ce recueil de contes « fin de siècle », Lorrain détourne le merveilleux en contes cruels : derrière forêts enchantées et châteaux somptueux, princesses et princes, d’une beauté surnaturelle, se révèlent narcissiques, lâches, égoïstes. Le livre répond au désenchantement moderne (industrialisation, rationalisme, hiérarchie sociale) par une échappatoire paradoxale : la magie promise n’affranchit rien, le merveilleux se corrode à l’acide décadent, et l’étrangeté devient clé de lecture d’un univers où l’auteur, dénonçant la société castratrice, en reproduit sciemment les formes.
Publié quatre ans avant sa mort, Princesses d’ivoire et d’ivresse demeure l’un des grands textes du décadentisme tardif, où le conte de fées se retourne en miroir impitoyable des songes fin-de-siècle.
Très bel exemplaire, dans une merveilleuse boîte de Julie Nadot reprenant la flamboyante couverture du volume.


