Le manuscrit de Liberté donné par Eluard à Max-Pol Fouchet en mai 1942 aura été dès lors conservé à Alger, dans les bureaux de Fontaine. Les deux hommes, qui poursuivent leur collaboration pendant les années 1943 et 1944, ne se reverront pas avant la Libération. C’est vraisemblablement à ce moment (quand ??, this is the question) qu’Eluard offre cette photographie (en présentiel ou pas?) enrichi de ce mot autographe :
» pour Max-Pol Fouchet, au nom de tout ce qui nous unit et nous libère. Paul Éluard « ,
références évidentes à la poésie et à la liberté, celle venue, et celle écrite deux ans plus tôt par le poète.
Max-Pol Fouchet fera immédiatement procéder à la constitution d’un ensemble : les deux feuillet du poème jouxtant la photographie de part et d’autre, sous un encadrement qu’il place dans la chambre qui lui tient lieu de bureau, à Alger, au dessus de sa bibliothèque en rayonnages, surplombant son lit.
Une photographie, où Max-Pol Fouchet pose devant l’ensemble, permet d’en témoigner.
Max-Pol Fouchet s’installe à Paris à l’automne 1944 et y transfère progressivement la revue. Fontaine arrive ainsi en métropole toute auréolée de la constance et de la force des ses attitudes hostiles à Vichy et aux nazis pendant l’Occupation ; Max-Pol Fouchet est nommé au Comité directeur du Comité National des Écrivains, en tant que représentant des revues littéraires, et tient pendant quelques mois le feuilleton littéraire des Lettres françaises.
On ne sait si l’encadrement d’Alger traversera la Méditerranée ainsi : aucune photo ni récit ne témoigne de la conservation des documents depuis Alger.
L’ensemble sera présenté, sous un nouvel agencement, lors de l’exposition consacrée à Max-Pol Fouchet en 1976 (Le Monde de Max-Pol Fouchet, organisée par la Bibliothèque municipale de Vichy). Le catalogue reproduit une photographie où l’on distingue nettement les deux feuillets du manuscrit encadrant la photographie, dans un encadrement plus réduit. L’ensemble est ensuite conservé tel que, à Vézelay, dans la maison dans laquelle il habite depuis 1957. Il y sera conservé jusqu’à sa mort.
Ce portrait, méconnu, est rare et il en existe peu d’épreuves.
Elle est l’oeuvre de la photographe hongroise Rosa Klein (dit Rogi André) et fut faite en 1934, dans l’appartement de Paul Éluard. Rosa Klein fut en temps l’épouse d’André Kertesz, qui initia Rosa Klein à la photographie dans les années 20.
Seulement deux autres épreuves sont référencées dans les collections publiques, l’une à la BnF (40299995), en tirage d’époque, l’autre, dans un tirage tardif de 1982, au Centre Pompidou (AM1983-429). Il ne nous a pas été possible d’en trouver d’autres tirages ou mentions, y compris dans les collections ou ouvrages de références consacrés à Paul Eluard.







