Dans cette historique dédicace, Pagnol rappelle les trois personnages que Fernandel venait d’incarner sous sa direction : Saturnin dans Angèle (1934), Gédémus dans Regain (1937), et surtout le rôle-titre du Schpountz (1938), film qui fit de lui une véritable vedette. « C’est à Pagnol, dira Fernandel, que je dois d’avoir pu prouver que j’étais un vrai comédien. » La dédicace permet de dater le portrait du tournant 1937-1938, au coeur de leur féconde collaboration.
Leur association devait marquer durablement le cinéma français : La Fille du puisatier (1940), Naïs (1945), puis Topaze (1951), confirmèrent cette alliance entre l’auteur dramatique devenu cinéaste et l’acteur populaire qui, selon Pagnol, « possédait le don de faire rire des êtres qui ont tant de raisons de pleurer ». Leur complicité fut pourtant suivie d’une brouille retentissante après le refus de Fernandel de jouer Ugolin dans Manon des sources : Pagnol le traita de « grimacier », et il fallut attendre la fin de leur vie pour que s’apaise cette querelle.
Précieux portrait, qui fut la propriété de Fernandel toute sa vie durant. C’est le seul portrait de Pagnol dédicacé qu’il possédait, témoin de l’âge d’or de la collaboration entre les deux hommes.







