Entrée à la Comédie-Française en 1884, devenue sociétaire quatre ans plus tard Céline de Montaland (1843-1891) eut une carrière prodigieuse en France, en Europe et aux États-Unis, débutée à l’âge tendre de six ans où elle interprète le rôle de Camille dans la Gabrielle d’Émile Augier, et celui d’une enfant dans Charlotte Corday de François Ponsard Fille de comédiens, son talent précoce fut ainsi très tôt repéré. Et elle n’a pas dix ans qu’elle a déjà jouer la comédie, chanté et dansé sur les scènes parisiennes et dans plusieurs théâtres à l’étranger.
L’un des maîtres du boulevard, Eugène Labiche, lui écrit un rôle sur mesure dans La Fille bien gardée (6 septembre 1850) et elle monte ainsi à l’âge de sept ans sur la prestigieuse scène du théâtre du Palais-Royal. Photographiée par Nadar alors qu’elle est encore adolescente, celle que tout le monde appelle « la petite Montaland » (elle est du reste de très petite taille) va enchaîner les succès.
Pendant dix ans, le public applaudit celle qui est « devenue l’une des plus belles femmes de Paris », les critiques l’encensent, les auteurs la courtisent. À l’affiche de La Vie parisienne d’Offenbach où elle fait une apparition, dans le drame d’Alphonse Daudet et Henri Lafontaine, Jack monté au théâtre de l’Odéon, dans La Grande-Duchesse de Gérolstein, opéra-bouffe d’Offenbach sur un livret de Ludovic Halévy monté à New York, on lit le nom de Céline Montaland. Elle signera même un contrat de trois ans avec le théâtre Michel de Saint-Pétersbourg, avant de revenir à Paris où, consécration, elle entre à la Comédie-Française (1884) : elle y « […] débute dans Bataille de dames de Scribe, crée la Souris d’Édouard Pailleron, reprend […] La Princesse de Georges de Dumas fils, François le Champi de George Sand, Le Klephte d’Abraham Dreyfus, Jean Baudry d’Auguste Vacquerie. » Céline de Montaland meurt prématurément à l’âge de 47 ans dans son appartement de la rue de Valois, à deux pas du théâtre…




