Envoi signé au verso : « À Max-Pol Fouchet, affectueusement, René Char », avec note autographe « Céreste, basse Alpes, à la Libération, Été 1944 (retour d'Alger). »
Le premier cliché présente René Char en blouson américain Field Jacket M-41 orné des galons de capitaine et d’un insigne en tissu de parachutiste de la R.A.F. en compagnie des Ginoux, le cantonnier du village et sa mère à laquelle, « craignant une perquisition, [il] demanda un jour […] de cacher des codes et autres documents importants sous ses jupons » (René Char, Bibliothèque nationale, p. 76). Le poète l’a légendé de sa main : « ces trois-là se comprenaient… » L’autre photographie, prise le même jour et toujours à Céreste, le présente sous le même uniforme, parmi un groupe de villageois et de quelques gendarmes avec cette autre légende, toujours de sa main : « un rocher de braves gens ». La jeune fille qui porte une robe à carreaux et se tient au premier rang est Mireille Sidoine, la fille, âgée de onze ans, de Marcelle Sidoine-Pons, la « renarde » des Feuillets d’Hypnos en son poème 222.
Ces clichés sont pris par Irisson, le photographe ami de Char, dans le but de tourner un film documentaire sur la Sap et le maquis de Céreste – un projet qui n’aboutira pas.
Ces planches, René Char les offre à celui qui aura sans doute le mieux « résisté par les Lettres » à l’étranger : Max-Pol Fouchet, rencontré à l’été précédent à Alger. Ces photographies auront probablement été offertes par René Char à Max-Pol Fouchet en même temps qu’un grand portrait dédicacé au « Sourcier de Fontaine », au moment où ce dernier prépare la publication des premiers extraits des Feuillets d’Hypnos, qui paraîtront dans la revue Fontaine, en octobre 1945.
Une autre épreuve identique fut offerte à Adrienne Monnier, en 1949 (Collection Pierre Leroy, 2002, n° 171) et une autre figure dans l’exemplaire Char, lettré A, des Feuillets d’Hypnos, passé ensuite dans les collections Maus puis Zara. Elle est reproduite pour la première fois dans le texte de la conférence donnée par Gilbert Lély sur René Char en 1946, à Paris.
D’autres épreuves postérieures sont connues, Irisson en ayant tiré plusieurs autres à partir de 1945, dans des formats plus grands (100 x 170 et 120 x 180 mm).
Char, BnF, n° 100, reproduite.



