Persécuté Persécuteur
Un des 100 exemplaires hors commerce sur papier vert.
Envoi signé à Jacques Ruff.
« Front rouge », qui ouvre le recueil, est paru en pré-originale à Moscou, dans le numéro de 1931 de la revue Littérature de la Révolution Mondiale : en raison de cette publication, Aragon est officiellement inculpé « d’excitation de militaires à la désobéissance » et de « provocation au meurtre dans un but de propagande anarchiste ».
Les surréalistes, André Breton en tête, organisent aussitôt sa défense. Dans une déclaration publique intitulée « L’Affaire Aragon », ils s’élèvent contre le principe de l’inculpation d’un poète pour ses écrits, André Breton publiant par ailleurs Misère de la poésie afin de revendiquer l’autonomie du poète.
Cependant, Aragon ne se reconnaît pas dans le texte de Breton et lui signifie sa rupture dans L’Humanité du 10 mars 1932, tout en se voyant refuser son manuscrit chez Gallimard : Persécuté Persécuteur doit être publié aux Éditions Surréalistes de Corti. Commentaire de l’intéressé : « Au XVIIe siècle on arrêtait les écrivains, la censure saisissait les livres, on devait se faire imprimer en Hollande. Nous en sommes là nous autres surréalistes, mais on nous traite avec de nouvelles méthodes. »
Complet de son erratum de la page 18.
Bel exemplaire sur papier vert, tous hors commerce (après 15 exemplaires sur Japon impérial, 30 sur Hollande et 70 sur vélin Johannot).
Lhermitte, 33.





