Pelléastres

Le Poison de la littérature
Paris, A. Méricant, 1910.
1 vol. (125 x 195 mm) de 287 p. Maroquin bordeaux, dos à nerfs, titre doré, contreplats ornés d'un large encadrement de filets et arabesques dorés, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés (reliure signée d'Yseux, succ. de Thierry-Simier).
Edition originale, posthume.

Un des 6 premiers exemplaires sur Japon (n° 4), justifié et signé par l’éditeur.

Le tirage de tête est suivi de seulement 6 exemplaires sur Hollande : douze grands papiers en tout.

Jean Lorrain est mort depuis quatre ans lorsque paraît Pelléastres. Albert Méricant rassemble sous ce titre plusieurs textes du chroniqueur, précédés d’une longue introduction de Georges Normandy, datée d’Ajaccio en décembre 1909. Le recueil est construit sur Pelléas et Mélisande, l’opéra de Claude Debussy créé à l’Opéra-Comique en 1902 d’après Maeterlinck : sous la plume de Lorrain, l’admirateur de Pelléas devient un « pelléastre », un mélomane raffiné devenu un snob affecté, reconnaissable à son enthousiasme obligatoire pour l’oeuvre nouvelle. Lorrain ne se contente donc pas de critiquer Debussy : il observe ceux qui l’admirent et fait de leur admiration un phénomène mondain où les amateurs passionnés lisent, rêvent et imitent les personnages des livres : la littérature agit alors comme un poison administré à l’imagination.

Très bel exemplaire, dans une charmante édition ; la couverture est due à Armand Rapeño. Elle appartient aux toutes premières productions de l’artiste et adopte un langage graphique encore très marqué par l’esthétique fin-de-siècle. Pelléastres figure d’ailleurs parmi ses premières couvertures de livres connues.

#9873
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