Pareils à des enfants…

Paris, Gallimard, (14 janvier) 1942.
1 vol. (115 x 185 mm) de 277 p. et [1] f. Bradel demi-vélin à coins, pièce de titre de maroquin havane, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure signée de P. Michon).
Edition originale.

Envoi signé : « Ces souvenirs ne sont absolument pas romancés. Je me suis laissé aller à la joie de retrouver des images que je croyais perdues et au ravissement de les redécouvrir, Marc Bernard ».

Le 20 décembre, dans un Paris occupé et affamé, l’Académie Goncourt décerna son prix à Marc Bernard par 7 voix contre 1 à Germaine Beaumont et 1 à Lucien Rebatet. L’auteur apprit la nouvelle à la radio depuis sa province : pour des raisons de sécurité, il ne se rendit pas à Paris, mais l’argent du prix lui permit de sauver sa famille du dénuement. Le roman, faiblement tiré en édition originale, est épuisé en quelques jours.

À travers le récit de Léonard, dit Nanay, enfant des quartiers populaires de Nîmes au début du XXᵉ siècle, Marc Bernard livre une fresque autobiographique et initiatique : séparation des parents, misère, apprentissage chez un cordonnier, découvertes sensuelles et tragédies intimes. Une enfance rude couronné d’un excellent 38ᵉ prix Goncourt, attribué dans un contexte marqué par la censure et la guerre, et qui demeure un Goncourt singulier : sans allusion directe au conflit en cours, il est profondément nourri de la mémoire populaire et la fraternité des humbles.

Des bibliothèque « Goncourt » d’Hubert Person et Gérard Pouguet, avec ex-libris.

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