Pages à mon goût

Paris, L'Artisan du livre, (5 juin) 1929.
1 vol. (140 x 190 mm) de 214 p., [1] et 2 f. Box bronze, titre doré, tête dorée, doublures et gardes velours vert eau, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordés (reliure signée de F. Brindeau).
Édition illustrée par 10 burins de Jean-Émile Laboureur.

Un des 470 exemplaires sur vergé d'Arches (n° 288) - avec 45 hors commerce sur ce papier.

Envoi signé : « à Jo Matheron, Seules les pages burinées par Laboureur sont restées 'à mon goût' dans ce livre. J'en suis bien désolé, mais il est trop tard pour changer le titre. »

Si « ces Pages à mon goût se présentent sous forme de petits textes, poèmes en prose, illustrés avec beaucoup de finesse par Laboureur. Ne cherchez pas plus loin, ce sont de simples notes, images d’un seul moment, proses à feuilleter sous la lampe », la dédicace ici portée laisse penser que le lauréat du Grand prix de littérature de l’Académie française en 1926 pour l’ensemble de son oeuvre aurait encore pu mieux faire. Il n’empêche qu’au moins les illustrations de Laboureur figurent parmi les plus fines et les plus réussies de la carrière de l’artiste.

Écrivain aujourd’hui discret, Auguste Gilbert de Voisins n’en occupe pas moins une place singulière dans la littérature française du premier XXe siècle. Né en 1877 et mort en 1939, romancier, poète en prose, voyageur averti, il demeure aussi lié au nom de Victor Segalen, dont il fut l’ami et le compagnon de route en Chine.

Ces Pages à mon goût est constitué d’une suite de proses brèves et de petits poèmes, qui vaut aussi par la rencontre avec Jean-Émile Laboureur. Envisagés dès 1924, l’artiste mettra cinq ans à parfaire ses burins, qui inaugurent chez le graveur une veine nouvelle, faite d’une observation plus méticuleuse du vivant, des insectes, des petits animaux et de la nature animée.

L’envoi, enfin, donne à l’exemplaire un charme très particulier, où l’auteur se montre librement sévère envers lui-même : tout y passe, sauf les planches de Laboureur, seules jugées dignes de rester « à [son] goût ».

Bel exemplaire d’un livre où le burin, de l’aveu même de l’auteur, l’emporte presque sur le texte, l’ensemble bien établi par François Brindeau.

#32077
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