Paris, Cent femmes amies des livres, (30 novembre) 1952.
1 vol. (235 x 315 mm) de 121 p., 1 et [3] f. + suite. Bradel vélin, titre peint à la gouache au dos, doublures et gardes de soie, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordé.
Édition illustrée par Pierre-Eugène Clairin. 21 bois gravés en couleurs. Un des 120 exemplaires sur pur fil Vidalon (n° 102), celui-ci nominatif pour Madame P.-E. Clairin. Il est enrichi de 4 aquarelles originales signées (montées en tête) par l'artiste, dont 3 datées : « Abd el Tif 11 mai 51 » ; « Abd-el-Tif 1951 » et « Alger 16 mai 51 », et d'une des 25 suites en couleurs tirées sur vergé pur fil de Montval. Envoi signé : « à Madeleine et Pierre Eugène Clairin, ces [Noces] qui nous ont réunis, une fois de plus, autour d'un des plus beaux lieux du monde, avec les remerciements et les amitiés fidèles d'Albert Camus ».

Cette première édition illustrée est également la première illustrations faite sur un texte de la période d’Alger – fondatrice et solaire – d’Albert Camus. Ni Révolte dans les Asturies, ni L’envers et l’endroit n’en connaîtront. Le travail graphique, la relecture en image de Noces – publié initialement chez Edmond Charlot en 1939 – ne pouvait – ne devait – qu’être l’oeuvre d’un compagnon de route d’Alger, « un des plus beaux lieux du monde ». Qui de mieux placé, dès lors, qu’un pensionnaire de la villa Abd-El-Tif, en l’occurrence Eugène Clairin ? C’est Marcel Damboise (ou Pascal Pia, selon les sources), le sculpteur également pensionnaire de la villa « villa Médicis algéroise », qui l’avait présenté à Camus en 1935. Clairin y était rentré en 1929 et en avait obtenu le premier prix.

Camus préfacera sa première exposition en France, en 1947 à la Galerie Charpentier ; 1954 marquera une nouvelle collaboration entre les deux hommes, qui décident de donner pour La Femme adultère 12 lithographies pour l’illustrer. Ce sera le seul exemple d’un texte de Camus à connaître une édition originale illustrée qui paraissent au même moment que sa version originale, publiée ce même mois de mars 1954 aux Éditions Gallimard.

Bel exemplaire, élégamment relié sans doute pour le couple Clairin dans un sobre vélin au titre peint à la gouache.

Des bibliothèques Clairin (envoi) et Elvire Choureau (ex-libris).

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