Mont-Oriol
Un des [100] premiers exemplaires sur vergé de Hollande, seul papier.
Troisième roman de Maupassant, Mont-Oriol parut d’abord en feuilleton dans Gil Blas, du 23 décembre 1886 au 6 février 1887, avant d’être publié la même année chez Victor-Havard.
Maupassant y transporte le roman d’amour dans le décor très contemporain d’une ville d’eaux auvergnate, inspirée de Châtel-Guyon, où il avait séjourné à plusieurs reprises comme curiste à partir de 1883. Sous les apparences d’une intrigue sentimentale – Christiane Andermatt, venue en cure avec son mari William pour soigner une prétendue stérilité, découvre l’amour auprès de Paul Brétigny – le roman déploie une satire beaucoup plus âpre : celle du monde médical, de l’exploitation des croyances thérapeutiques, de la condition féminine et de la spéculation foncière et à la fin du XIXe siècle.
Cette dimension financière donne au roman une résonance précise dans la France des années 1880 : lorsque Mont-Oriol paraît, la faillite de l’Union générale, survenue en janvier 1882, demeure présente dans les esprits. Maupassant avait lui-même commenté ce krach dans Le Gaulois, le 25 janvier 1882, en dénonçant la fiction brutale de la richesse spéculative : « Les opérations sont fictives, les bénéfices sont fictifs, la valeur est fictive » : comme dans Mont-Oriol, tout s’y achète, se promet, s’évalue et se fonde sur l’attente d’un profit futur. Même l’amour, menacé de devenir une valeur d’échange.
Bon exemplaire à toutes marges ; dos restauré.
Vicaire V, 617 ; Carteret II, p. 119 ; Talvart et Place, XIII, p. 257

