Envoi signé : « Pour M. Maurice Genevoix, en hommage et en témoignage de mon fidèle dévouement. C. de Gaulle, 6.10.70. »
Exemplaire accompagné d'une longue note de lecture de Genevoix à propos de ce texte, 1 p. 1/2 en 1 f. (148 x 210 mm) à en-tête de l'Académie.
Publié deux mois avant la mort du général de Gaulle, ce texte devait ouvrir une nouvelle trilogie. Seuls deux tomes paraîtront : Le Renouveau puis L’Effort, posthume, qui paraîtra au premier trimestre 1971, en même temps que la réédition, dans la même collection, des Mémoires de guerre.
Les Mémoires d’espoir constituent le testament politique et littéraire de l’auteur. Les premiers volumes du tome 1 arrivent à la Boisserie en octobre : « Pour son ultime ouvrage, de Gaulle consacra des séances de dédicace épuisantes, à la Boisserie. Il allait rencontrer un considérable succès. Le Général en signa près de cinq cents exemplaires […]. La librairie Plon a annoncé qu’après un premier tirage de deux cent cinquante mille exemplaires, diffusés à partir de mercredi matin, elle avait dû vendredi entamer le tirage de cent mille exemplaires supplémentaires de cet ouvrage […]. Les Mémoires du général étaient attendus avec un mélange d’impatience et d’appréhension, car ils traitent d’événements sur lesquels les passions et les préjugés restent forts. Mais le général de Gaulle prouve, une fois de plus, qu’il sait donner une perspective historique au passé récent. » (Le Monde, 12 octobre 1970).
Le général de Gaulle décède un mois après cette dédicace, le 9 novembre 1970.
Héros de la seconde guerre, il en fut un combattant tout aussi valeureux de la première. Cinquante-quatre plus tôt, en mars 1916, le capitaine Charles de Gaulle, commandant de la 10e compagnie du 3e bataillon du 33e régiment d’infanterie, avait été fait prisonnier par les allemands lors de la première prise du fort de Douaumont : « L’un d’eux m’envoya un coup de baïonnette qui traversa de part en part mon porte-cartes et me blessa à la cuisse. […] Je restai un moment sur le carreau. » Dans le commandement, on le croit mort. Une citation à l’ordre de l’armée et la légion d’honneur lui est même décernée à titre posthume, le 7 mars 1916 ! Elles seront l’une et l’autre confirmées en 1919, à titre honorifique cette fois-ci.
De Gaulle et Maurice Genevoix viendront inaugurer, le 18 juillet 1968, les cérémonies commémoratives de la deuxième bataille de la Marne, sur la butte Chalmont, près de Villers-Cotterêts. Le secrétaire perpétuel de l’Académie française et historiographe de la Grande Guerre prendra le premier la parole pour rappeler ce que furent les combats de cette seconde bataille de la Marne et le général de Gaulle lui répondra en brossant la fresque épique du dernier grand affrontement de la première guerre mondiale : « Il y a cinquante ans, entre l’Aisne et la Marne, sur ce terrain où, comme l’attestent Soissons, Reims, Château-Thierry, Villers-Cotterêts, la France avait déjà scellé maintes pages de son histoire, se déclencha la grande victoire. Oui ! C’est à partir d’ici et à dater du 18 juillet 1918, qu’en l’espace de seize semaines l’armée française, aidée par les forces de ses alliés, brisa les envahisseurs et les chassa de notre territoire jusqu’à ce que le Reich eût capitulé. »
Bel exemplaire de belle provenance.
De la bibliothèque Maurice Genevoix (ex-libris).


















