Un des 1550 exemplaires numérotés sur roto blanc (no 1074).
Envoi signé: « Pour M. M. Dalinval, Bien cordialement ! C. de Gaulle. 18.9.65. ».
Joint : lettre tapuscrite d'un député à Maurice Dalinval, donnant suite à sa demande d'autographe.
Rédigés entre sa démission du gouvernement le 20 janvier 1946 et son rappel en 1958, les Mémoires de guerre auront permis à Charles de Gaulle de préciser les faits historiques associés au combat pour la libération de la France : il y exposa avec minutie l’épopée de la France Libre, se plaçant en défenseur patriote luttant pour la grandeur de son pays : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison […] Seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »
C’est grâce à Charles Orengo, et par fidélité à la maison qui l’avait édité juste avant le conflit, que de Gaulle s’était tourné vers les éditions Plon pour la publication de ces volumes, contre l’avis de Malraux qui lui conseillait les éditions Gallimard. Il restera fidèle à Plon pour la suite de ses mémoires (Mémoires d’espoir, Discours et Messages puis Lettres, notes et carnets).
Contrairement à tant d’hommes d’État, de Gaulle, fils d’un professeur de lettres, a rédigé lui-même tous ses discours et tous ses ouvrages. L’examen de ses manuscrits prouve son extraordinaire souci de la composition et du style. Pour ces Mémoires de guerre, c’est un total cumulé de quelque deux millions et demi d’exemplaires vendus en France, des éditions dans près de vingt-cinq langues étrangères, un accueil enthousiaste de la presse et du public lors des parutions, une édition de référence dans la Bibliothèque de la Pléiade. Un succès que seul a dépassé, dans le même registre, celui des Mémoires sur la Deuxième guerre mondiale de Churchill. Le texte fut récemment au centre d’une polémique : pouvait-on, oui ou non, faire figurer ce texte au programme de la terminale littéraire, pour la section « Littérature et débats d’idées » ? Il semble évident que oui.
De la bibliothèque de Maurice Dalinval (ex-libris).


