Tout au long de sa carrière, Kenzo n’a cessé de faire dialoguer son imaginaire de créateur avec la culture japonaise. À partir de 2010, alors qu’il se retire du monde de la mode, il entreprend d’organiser ses propres expositions d’art à travers le monde, où il présente notamment ses séries de kimonos aux motifs floraux, signature de son univers esthétique. C’est à la suite de ces expositions qu’il est contacté, en 2017, pour concevoir les costumes d’une nouvelle production de l’opéra de Puccini.
Kenzo s’y investit avec passion, repensant entièrement le style vestimentaire traditionnel japonais. Dans un entretien au Japan Times en septembre 2019, il confie : « C’est un projet difficile. Il a fallu coordonner les costumes aux directives du réalisateur et à la vaste quantité de composants qui entrent dans une production musicale. » Les personnages secondaires sont vêtus de costumes pastel et sobres, qui mettent en valeur la profusion graphique et florale des tenues principales : « Je voulais respecter la tradition autant que possible. J’ai toujours pensé que le kimono a un aspect très moderne… En tant que costumier, j’ai essayé de saisir les récits de Puccini tout en dessinant la spiritualité japonaise aussi fidèlement que possible. Cela devrait faire rêver le public et le faire voyager dans l’extase. »
Si Kenzo a produit au fil de sa vie des milliers de croquis et esquisses (près de 5 000 selon lui), les dessins aboutis à l’aquarelle sont d’une grande rareté, et plus encore lorsqu’ils concernent ses créations hors du champ de la haute couture.
Provenance : collection Kenzo Takada (vente, Artcurial Paris, mai 2021).














