L’Ile des pingouins

Paris, Calmann-Lévy, (14 octobre) 1908.
1 vol. (120 x 195 mm) de [3] f., XV-419 p. Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs orné de filets, fleurons et caissons dorés, pièce de titre de maroquin havane, tête dorée sur témoins, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée de Thierry, Sccr. de Petit-Simier).

#32278
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L’Ile des pingouins

Paris, Calmann-Lévy, (14 octobre) 1908.
Édition originale.

Un des 125 exemplaires sur hollande (n° 121).

Publié à l’automne 1908, L’Île des Pingouins occupe une place singulière dans l’oeuvre d’Anatole France et constitue l’une des plus vastes satires historiques jamais consacrées à la France moderne.

Le point de départ est célèbre : un saint myope, Maël, évangélisant les contrées du Nord, baptise par erreur des manchots qu’il prend pour des hommes. Dieu, pour éviter le scandale théologique, transforme les pingouins en humains. À partir de cette prémisse absurde, France retrace l’histoire complète de leur civilisation – antiquité, féodalité, monarchie, révolution, république, capitalisme – en miroir transparent de l’histoire française.

Le Livre VI, «Les Temps modernes», contient l’épisode de l’« affaire Pyrot », allégorie à peine voilée de l’affaire Dreyfus, dont Anatole France fut l’un des soutiens intellectuels les plus constants. Mais c’est surtout dans les derniers livres que le roman acquiert une dimension étonnamment prospective, où Anatole France décrit une capitale future – allégorie transparente de Paris projetée dans l’avenir – qui devient une mégalopole verticale de trente ou quarante étages, saturée de banques, de sièges de sociétés, d’industries et de spéculation. Quinze millions d’hommes y travaillent sous des lumières artificielles, le ciel obscurci par les fumées. Une anticipation, frappante pour un texte de 1908, qui relève autant d’une utopie que d’une critique radicale de l’utilitarisme moderne où toute civilisation, après son apogée, s’abîme dans la démesure économique et la déshumanisation, un thème déjà esquissé dans Sur la pierre blanche, qui décrit la répétition des cycles historiques – grec, latin, égyptien, chinois – et l’inévitable entropie des sociétés humaines.

Très bel exemplaire, joliment établi.

Infimes accrocs aux nerfs et sur les coupes.

De la bibliothèque du baron de Fleury (ex-libris).

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