L’Histoire et discours au vray du siege
Le texte relate, presque au jour le jour, les opérations militaires entreprises depuis l’arrivée des Anglais devant Orléans, le 12 octobre 1428, jusqu’à la levée du siège par Jeanne d’Arc en mai 1429. Sa précision, ses notations concrètes et la proximité des témoignages auxquels son rédacteur eut accès lui donnent une valeur particulière parmi les premières sources narratives consacrées à la délivrance de la ville.
La chronique est traditionnellement associée à Léon Trippault, conseiller et érudit orléanais qui en procura la première édition. Elle paraît toutefois dériver d’un récit plus ancien, commandé vers 1467-1468 par le corps municipal à Pierre Soudan pour être conservé dans les archives de la ville. Trippault ne se contente pas de le publier : il l’accompagne d’annotations et de textes destinés à inscrire l’intervention de Jeanne dans l’histoire et la mémoire civique d’Orléans.
L’édition de 1606, la première donnée dans ce petit format, est notablement plus ample que les précédentes. Elle contient notamment la Harangue du roi Charles VII à ses gens, la Harangue de la Pucelle au roi pour l’induire d’aller à Reims, une relation des faits de Jeanne d’Arc donnée en latin puis en français, ainsi que l’Antiquité de la ville d’Orléans de Léon Trippault. Le volume s’achève par un avertissement relatif à la procession solennelle organisée chaque année, le 8 mai, en commémoration de la délivrance de la ville, qui perdure aujourd’hui.
L’histoire est annoncée comme « prise de mot à mot sans aucun changement de langage d’un vieil exemplaire escrit à la main en parchemin, et trouvé en la maison de ladite ville d’Orléans », célèbrant Jeanne d’Arc comme l’instrument de la délivrance et comme la figure autour de laquelle s’est construite l’identité civique orléanaise.
Le privilège, accordé à Olivier Boynard le 27 janvier 1606, est établi pour une durée de dix ans.
L’exemplaire est malheureusement incomplet du remarquable frontispice gravé au burin par Léonard Gaultier, représentant Jeanne d’Arc debout, l’épée levée, dans un encadrement architectural, entre les armes de France et celles attribuées à la Pucelle.
Rare édition ancienne de l’une des sources fondamentales sur le siège d’Orléans et la mémoire johannique.
Bel exemplaire.
Lanéry d’Arc, Bibliographie des ouvrages relatifs à Jeanne d’Arc, n° 873.




