L’Hérésiarque et Cie

Paris, P.-V. Stock, 1910.
1 vol. (115 x 185 mm) de 288 p. et 1 f. Broché.
Édition originale.

Composé de vingt-trois récits, écrits entre 1902 et 1910, ce volume hybride brille par sa variété de tons où Apollinaire convoque tout un panthéon de personnages grotesques ou sublimes : hérétiques, faux saints, messies déchus, alchimistes fous, criminels illuminés ou poètes assassins. L’Hérésiarque & Cie faillit bien obtenir le Prix Goncourt 1910 et arriva en tête du premier tour avec trois voix – devant Colette (La Vagabonde, deux voix), Poinsot et Marguerite Audoux (deux voix également), et Pergaud (une seule). Mais la suite est connue : au second tour, l’Académie couronne finalement Louis Pergaud, pour De Goupil à Margot.

C’est Élémir Bourges qui livra un des clefs de ce renversement, dans une confidence citée par Robert Deffoux (Chronique de l’Académie Goncourt, 1929) :

« Nous votons délibérément, au premier tour, pour ceux qui ont le moins de chances. – Et alors ? – Alors, nous leur faisons une petite réclame… C’est une compensation. » Sans doute aussi les membres du Goncourt furent-ils effrayés par l’irrévérence jubilatoire du livre.

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