L’Exil et le Royaume

Paris, Gallimard, (4 mars) 1957.
1 vol. (120 x 190 mm) de 231 p., [3] et 1 f. Broché, non coupé.

#28454
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L’Exil et le Royaume

Paris, Gallimard, (4 mars) 1957.
Édition originale.

Un des 210 exemplaires sur pur fil (n° 146).

Envoi signé : « à Monsieur Gian-Franco Zaffrani, en très cordial et fidèle hommage, Albert Camus ».

Camus rend ici hommage à une figure centrale du monde intellectuel européen d’après-guerre : Gian-Franco Zaffrani, haut responsable de la RAI, homme de culture et fondateur du Prix Italia, prestigieuse distinction récompensant les innovations radiophoniques et télévisuelles. L’auteur et le dédicataire s’étaient rencontrés lors du séjour de Camus en Italie en 1954, à l’invitation de l’Association culturelle italienne. Dans ses Carnets (III), Camus évoquera avec émotion ce retour en Italie : « Depuis 1938, date de mon dernier séjour, je ne l’avais pas revue. La guerre, la résistance, Combat, et toutes ces années de répugnant sérieux. Des voyages, mais instructifs et où le coeur se taisait. Il me semblait que ma jeunesse m’attendait en Italie, et des forces nouvelles, et la lumière perdue. »

Le recueil de ses six nouvelles (La Femme adultère, Le Renégat, Les Muets, L’Hôte, Jonas et La Pierre qui pousse) est dédié – c’est le seul – à sa femme, Francine. Le fil directeur en est bien l’exil, forcé ou volontaire, d’un personnage central « qu’on le croise dans les quartiers ouvriers d’Alger, dans un quartier bourgeois de Paris ou dans un village du Brésil, peine à retrouver un sens à sa vie. Les hommes et les femmes chez Camus sont en perpétuelle interrogation, pour ne pas dire introspection – c’est vrai partout, et peut-être plus encore prégnant encore chez Janine, La Femme adultère, qui semble être exilée d’elle-même et pourtant actrice de son destin » (in Dictionnaire amoureux de Camus, p. 164). « Dans ce vaste pays qu’il avait tant aimé, il était seul », conclut L’Hôte, peut-être la nouvelle la plus célèbre du recueil, dans laquelle Camus condense toute la tension entre justice, fatalité et liberté, au coeur de la guerre d’Algérie naissante. Comme une confidence à son malheur.

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