Lettres à Madame Scheikévitch
Un des exemplaires hors commerce, celui-ci sur vieux japon, marqué C, justifié et signé par l'éditeur.
L’ouvrage reproduit vingt-huit lettres de Marcel Proust adressées à Marie Scheikevitch, accompagnées de télégrammes, de coupures de presse et de deux photographies de l’écrivain (dont une avec Robert de Flers).
Fille d’un riche magistrat russe installé en France à la fin du XIXᵉ siècle, Marie Scheikevitch (1882-1964) fut l’une des grandes figures mondaines et intellectuelles du Paris de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres. George D. Painter la décrit comme « l’une des maîtresses de maison les plus intelligentes et les plus en vue de la nouvelle génération ». Protectrice d’artistes et d’écrivains, elle réunit dans son salon des personnalités telles que Jean Cocteau, Anna de Noailles, Reynaldo Hahn ou encore la famille Arman de Caillavet.
Si Proust l’aperçoit brièvement dès 1905 dans le salon de Madeleine Lemaire, leur véritable relation commence en 1912. Cette année-là, Jean Cocteau et Marie Scheikevitch lisent ensemble dans Le Figaro un article de Proust consacré à « La Grande Pitié des églises de France » et décident d’adresser à l’auteur des dépêches de félicitations. Ce geste marque le début d’une relation durable qui se poursuivra jusqu’à la mort de l’écrivain en 1922.
Les deux amis se voient alors très fréquemment – « presque tous les jours », dira-t-elle plus tard – ce qui explique la relative rareté de leurs lettres : seules vingt-huit sont aujourd’hui connues. Marie Scheikevitch joue pourtant un rôle non négligeable dans la carrière de Proust. Elle lui ouvre les portes de son salon et contribue activement à faire connaître son oeuvre dans les milieux mondains et intellectuels parisiens. C’est notamment elle qui le recommande à son amant Adrien Hébrard, directeur du journal Le Temps, ce qui permettra la célèbre interview de Proust par Élie-Joseph Bois le 12 novembre 1913, premier grand article de presse consacré à La Recherche du temps perdu, à la veille de la publication de Du côté de chez Swann.
Proust lui rendra hommage dans Sodome et Gomorrhe sous les traits de Madame Timoléon d’Amoncourt, « petite femme charmante, d’un esprit, comme sa beauté, si ravissant qu’un seul des deux eût suffi à plaire ».
Bel exemplaire hors commerce sur vieux japon.


