Envoi signé : « Pour Dominique Braga, nous nous sentirons à nouveau chez nous à Paris. Affectueusement, Bernanos ».
Premier ouvrage publié par Bernanos au Brésil, avant Le Chemin de la Croix-des-âmes et Monsieur Ouine (tous deux en 1943), la Lettre aux anglais est éditée par Charles Ofaire, un exilé suisse patron de la puissante Atlantica Editora, rencontré lors d’une de ses conférences à Rio.
C’est alors qu’il rassemble ses notes pour Le Chemin de la Croix-des-âmes qu’il entreprend ce livre de « grand chemin », comme le surnomme les notes de la Pléiade : « Bernanos s’y est mis au large et à l’aise : il parle de l’avenir du monde aux citoyens du monde, et son apocalypse n’a pas encore fini d’épuiser ses révélations. Car il a pressenti, par-delà le conflit de 1939-1945, la guerre universelle dans laquelle nous sommes actuellement comme une lutte à mort de l’homme, ou de ce qu’il en reste, contre les puissances inhumaines de l’homme et de l’idéologie ».
L’ouvrage est dédié à son fils Yves, qui rejoindra les FFL à Londres en 1942 et participera au débarquement allié en Normandie.
Connu comme écrivain, le dédicataire de cet exemplaire, Dominique Braga (Domingos de Figueire do Braga) est brésilien, par ses parents. Né en 1892 à Paris, il y fit toute sa carrière : critique et directeur littéraires de L´Europe Nouvelle, critique musical au Monde nouveau, rédacteur en chef de la revue Europe, directeur littéraire des éditions Rieder et enfin directeur de la collection « La Grande Fable » à la Librairie Plon – où il fait la connaissance de Bernanos. Nommé, en 1929, chef de la section littéraire de l’Institut international de coopération intellectuelle de la Société des Nations, il occupe ce poste jusqu’à s’exiler en 1940 au Brésil de ses aïeux et y retrouver Bernanos. Pionnier de la littérature sportive, il connut un succès avec 5 000, publié en 1925, monologue intérieur d’un coureur de 5 000 m pendant une épreuve des Jeux olympiques de 1924 à Paris – qui inspira au cinéma Les Chariots de feu.
















