Lettre autographe à Roger Nimier

St Jean Cap-Ferrat, 31 octobre 1954.
1 page en 1 f. (135 x 210 mm) sur papier Renage, rédigée au stylo bille bleu.
« Je n'aime pas les lettres de Jacques, je le lui ai écrit (l'aimant trop et de longue date pour les politesses mondaines). Mais votre portrait de la Table Ronde est un chef-d’œuvre. C’est la première fois qu’un portrait de plume possède cette force et ce relief sans pasticher le Cardinal de Retz ou autres portraitistes célèbres. On ne dessine pas mieux dans l’écriture. Grande joie de vous lire, grande joie de vous l’écrire… »

font les frais de son humour dévastateur. Il ne fait pas seulement oeuvre de pamphlétaire ou de chroniqueur : ce styliste cherche aussi comment vivre, ce rieur cruel saisit aussi des instants de grâce. À déguster comme un verre de Cognac.

Cocteau revient ici sur la publication des Lettres à Roger Nimier, publié par Chardonne, parrain des « hussards », en septembre 1954 : « Roger Nimier est mon ami ; j’aime son talent et son caractère ; je le vois peu mais je lui écris, presque tous les jours, depuis des années, trois lignes ou trois pages. Le livre que voici est venu de cette amitié et de cette habitude » (préface). Le volume n’est pas, en dépit de son titre, un strict recueil de correspondance : c’est un roman composé sous forme de lettres, et Nimier ne le lut que lorsqu’il fut terminé. Le genre adopté permet beaucoup de naturel et de liberté – Chardonne n’y épargne pas ses contemporains, surtout Gide, Mauriac et Montherlant – et c’est ce que semble reprocher Cocteau à sa lecture.

Entre février 1949 et octobre 1951, Roger Nimier fait paraître une trentaine de textes à la revue ; puis seulement deux par la suite : un en février 1952, l’autre en octobre 1954 : c’est de ce dernier que parle Cocteau. Dans ce même numéro, Coccteau fera paraître un poème, « Contre le doute ».

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