Lettre adressée à Frua de Angeli
En mars 1938, Picasso et sa compagne Dora Maar rendent visite au couple Zervos dans la fermette nouvellement acquise par ces derniers, au hameau de la Goulotte à Vézelay : ils sont accompagnés de Mary Callery, riche américaine, et par Frua de Angeli, son compagnon, qui découvre alors au contact de Picasso et des Zervos le monde de l’art.
Après la guerre, Frua de Angeli, qui a épousé Mary Callery, devient alors l’un des plus remarquables collectionneurs italiens du XXe siècle : « Il avait plus de cent Picasso. Son bureau était rempli de Braque et de Picasso cubistes ; la salle à manger de De Chirico et de Carrà ; le salon, outre un Giuseppe Maria Crespi, était décoré de deux grands Matisse qui se faisaient face. C’était assez fantastique », se souvient sa petite-fille Francesca Valsecchi (in Monica Preti, « Le Palazzo Butera, de maison-musée à laboratoire ouvert sur la ville : Entretien avec Francesca et Massimo Valsecchi », Culture & Musées, 34 | 2019, 295-305.)
Ce mécène moderne est ici honoré par Georges Mathieu qui n’hésite pas à le lui écrire : « […] vous qui avez remplacé pour moi les Princes de la Première Renaissance et qui continuez d’incarner le même idéal dans un monde qui a perdu tous ses dieux ». Mathieu lui annonce l’exposition de ses oeuvres récentes dans la galerie « Il Milione » à Milan que ce dernier lui avait recommandée et l’invite au vernissage qui sera suivi d’une conférence intitulée « Vers une nouvelle Renaissance ».

