Lettre [à André Malraux]

Clermont de l'Oise, 33 place de l'Hôtel de ville, [1928].
3 pages en 1 f. (280 x 180 mm) plié, encre bleue sur papier de deuil.

#30009
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Lettre [à André Malraux]

Clermont de l'Oise, 33 place de l'Hôtel de ville, [1928].
« Monsieur, C’est une grande consolation pour moi que le témoignage d’une sympathie aussi clairvoyante, aussi généreuse que la vôtre. Mais encore, la consolation n’est rien. Vous avez fait mieux que consoler. Vous êtes désormais l’un de ceux, je vous assure, dont l’amitié m’assiste dans le nouveau travail que j’ai entrepris. Vous avez magnifiquement servi L’Imposture mais La Joie vous devra plus encore. Je souhaite, je souhaite de tout cœur, continuer à travailler pour vous, et pour quelques autres, en petit nombre, qui savent, du moins, que je suis tout entier dans mes livres, avec une douloureuse sincérité qui me tient lieu de talent, et que je ne m’y épargne pas. À vous, très profondément, G. Bernanos »

Seconde lettre de Bernanos à Malraux, faisant suite au premier échange. La réponse de Malraux n’est pas connue mais, à l’évidence, elle fut d’importance pour Bernanos, alors en pleine rédaction de La Joie, qui sera publié en mai 1929. C’est la suite de L’Imposture, qui se terminait sur la mort de l’abbé Chevance, veillé par la jeune Chantal de Clergerie qui l’aida à mourir en paix, dans la joie qu’elle avait reçue de Dieu. Des pages déjà saluées par Malraux.

La Joie obtiendra le Prix Femina. Que dira Malraux de l’auteur de cette oeuvre « de première magnitude » ? Qu’il y a « écrit les plus belles scènes de la fiction moderne, par la profondeur et la puissance. »

Rappelons que Georges Bernanos décède le 7 juillet 1948 à l’hôpital américain de Neuilly : quelques jours auparavant, il avait fait appeler à son chevet André Malraux, sorti bouleversé après un entretien de quatre heures, dont rien ne devait filtrer. Malraux sera présent aux obsèques – mais à titre seulement privé -, et en était le seul représentant du monde des lettres et de la politique, lequel, sans doute, ne s’était pas senti obligé envers un homme obstiné à décliner ses honneurs : refus à trois reprises de la Légion d’honneur (1927, 1938 et 1946), d’un fauteuil à l’Académie française ou de postes de ministre et d’ambassadeur.

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