Paris, Gallimard, (20 novembre) 1964.
1 vol. (125 x 195 mm) de 213 et [2] p. Broché.
Envoi signé : « À Monsieur Maurice Blanchot. Hommage sympathique. Jean-Paul Sartre ».

Écrire fut longtemps pour Sartre donner sens, « arracher ma vie, comme il disait, au hasard ». Il dresse ici un bilan définitif de ses illusions passées. Elles sont d’abord publiées en deux livraisons des Temps modernes (octobre et novembre 1963), avant de paraître chez Gallimard au printemps 1964.

L’ouvrage est l’un des livres les plus personnels de Sartre : autobiographie de l’enfance, mais surtout règlement de compte avec la vocation littéraire, les prestiges du livre et les illusions de l’écrivain. L’année même de sa publication, Sartre refuse le prix Nobel de littérature (22 octobre 1964) fidèle à son refus d’être transformé en institution.

Moins d’un moins plus tard, il fait parvenir à Maurice Blanchot cet exemplaire. Le sobre « hommage sympathique » dit moins une proximité familière qu’une reconnaissance intellectuelle : celle de deux oeuvres séparées par presque tout, mais réunies par une même interrogation sur ce que peut – ou ne peut pas – la littérature. L’envoi n’est pas mondain et Sartre adresse Les Mots à un lecteur qui l’a suivi, discuté, admiré et contesté depuis longtemps. Depuis les années 1930, Blanchot avait lu Sartre avec une attention constante, admirative autant que critique. Il salua très tôt La Nausée puis ne cessa de penser avec lui – et souvent contre lui – le rapport de l’écriture au monde. Sartre, de son côté, publia plusieurs textes majeurs de Blanchot dans Les Temps modernes et donnera, en octobre 1945, une large étude, intitulée « Les Romans de Sartre », saluant chez Sartre la rencontre rare du philosophe et du romancier.

Bandeau éditeur conservé.

#32541
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