Les Mille
Envoi signé : « à mon cher ami Gambetta, G. Garibaldi ».
Exceptionnel exemplaire de l’édition originale du I Mille offert par Garibaldi – niçois de naissance – à son ami Léon Gambetta, figure emblématique de la République française naissante. Les Mille revient sur l’expédition conduite en 1860 par Garibaldi, lorsqu’un corps de volontaires débarqua dans le sud de l’Italie afin de conquérir le royaume des Deux-Siciles, alors gouverné par les Bourbons. Le texte est publié en 1875 à Paris chez Charles Silvain, imprimeur-libraire engagé dans la défense des idées progressistes, dans un moment charnière : la République vient à peine d’être consolidée en France, après l’épreuve de 1870 et la répression sanglante de la Commune.
Personnage fondamental du Risorgimento italien pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l’Italie unifiée, Garibaldi est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe. Pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, les comités de Défense nationale, sous l’impulsion de Gambetta, font appel à Garibaldi, qui met alors son épée au service de la France : les 25 et 26 novembre, avec ses deux fils, Ricciotti et Menotti, à la tête de 10000 tirailleurs français de l’armée des Vosges, il remporte une éclatante victoire à Dijon contre les Prussiens, s’emparant du drapeau du 61e régiment poméranien.
En février 1871, alors que Bordeaux est la capitale provisoire de la France et que l’Assemblée nationale siège au Grand Théâtre, Garibaldi est élu sur les listes de l’Union républicaine comme député de la Côte-d’Or, de Paris, d’Alger et de Nice. À Paris, il arrive en quatrième position derrière Louis Blanc, Gambetta et Victor Hugo mais, en raison de sa nationalité italienne qui invalide l’élection et face aux accusations de la nouvelle majorité monarchiste de la Chambre, qui affirme qu’il n’a pas vraiment combattu, il décline ses mandats avant même de se présenter à l’Assemblée nationale. Il s’y rendra malgré tout une fois afin de défendre la cause des hommes qu’il a commandés, siégeant aux côtés de Gambetta, député de la Seine et du Bas-Rhin, l’orateur de Tours, le résistant de 1870 et l’instigateur de la République parlementaire : une connexion qui manifeste leur communauté d’idéal et scelle un lien politique transalpin unique.
Merveilleuse et adéquate provenance politique. On ne connaît aucun autre exemplaire dédicacé par Garibaldi à un homme politique français d’importance.

