Les Mandarins
Bien qu’il marquât l’intrusion de Beauvoir dans le champ de la fiction, Les Mandarins fut, à la surprise de son auteur, favorablement salué par la critique de l’époque et trouva en Queneau un appréciable soutien.
À la suite de Sartre qui avait vertement signifié à sa compagne que cette entreprise littéraire « ne lui plaisait pas », Beauvoir remis donc l’ouvrage sur le métier : plusieurs mois durant et sans relâche, elle travailla à la refonte d’une oeuvre qui ne se voudra – selon ses mots – « ni une autobiographie, ni un reportage. Mais une évocation ».
Sous le coup d’une sorte de fatalité résignée, ce texte, élaboré pour partie simultanément au Deuxième sexe, est traversé par l’ombre de l’échec féminin où Beauvoir fait douloureusement état de la prise de conscience du vieillissement, de l’appréhension de la maladie, de la peur de la mort, de la détresse de l’échec amoureux.
Plébiscité par le jury Goncourt, l’ouvrage trouvera à se vendre à quelque 200 000 exemplaires la première année, après un tirage initial à 11 000 copies, assurant ainsi à son auteur une reconnaissance mondiale.
Très bel exemplaire.
