Les Jeux sauvages

Paris, Gallimard, (18 décembre) 1950.
1 vol. (135 x 200 mm) de 350 p. et [1] f. Cartonnage de l'éditeur.
Première édition en cartonnage NRF.

Un des 1550 exemplaires sur vélin labeur, reliés d'après la maquette de Mario Prassinos (n° 1189).

Né en 1920, Paul Colin est couronné à trente ans pour ce premier roman, Les Jeux sauvages. Une surprise, puisque deux favoris favoris s’étaient détaché : André Dhôtel, et Marguerite Duras, avec son Barrage contre le Pacifique. « C’est tellement serré qu’au cinquième tour l’emporte celui que personne, absolument personne, n’avait songé à envisager comme goncourable. Même pas Philippe Hériat, qui lance son nom comme ça, pour voir, sait-on jamais, dans l’espoir de débloquer la situation : Paul Colin, auteur de Jeux Sauvages. Qui ça ? » (Pierre Assouline, Du côté de chez Drouant).

L’écho fut immédiat mais restera controversé. Très vite, une rumeur se répandit à Paris : le Goncourt 1950 serait un échec commercial. Pour y mettre fin, Gaston Gallimard fit constater par huissiers les tirages effectués chez Brodard et Taupin, Grévin et à l’Imprimerie moderne et, en février 1951, fit publier dans la Bibliographie de la France deux pages spectaculaires : d’un côté les procès-verbaux des huissiers, de l’autre, en caractères massifs, la mention « 122 500 exemplaires, tirage justifié par huissier ». Sans parler de l’immédiate entrée en cartonnage éditeur, sous une maquette de Prassinos. La rumeur s’éteignit aussitôt, mais la confusion entre « tiré » et « vendu » ne fut jamais totalement dissipée…

Le prix fit cependant entrer Paul Colin dans l’histoire littéraire, même si sa carrière ultérieure ne confirma pas les promesses de ce premier roman. Et donna longtemps des regrets à Marguerite Duras !

De la bibliothèque « Prix Goncourt » de Gérard Pouguet, avec ex-libris.

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