Envoi signé : « à Camille Bloch, le plus charmant des éditeurs, son ami F. Carco, janvier 1917 ».
Le chapitre XXIV a été censuré ainsi que la dernière ligne de la page 184 : notre exemplaire comporte un ajout manuscrit de l'auteur à cet endroit.
« Les Innocents sont nés le 15 février 1915, lorsqu’une jeune Anglaise [Katherine Mansfield] quitte Londres et son fiancé pour rejoindre son amant [Francis Carco] cantonné en France, à Gray, dans le secteur postal 45 […]. Le livre faillit pourtant ne jamais voir le jour à cause des problèmes éditoriaux liés à la guerre et surtout à la censure. Lors de sa parution, en 1916, à la Renaissance du Livre, l’atmosphère malsaine transpirant dans le roman choque la commission de censure qui ordonne des coupes dans le texte. Une fois de plus, on reproche à Carco son audace dans la peinture des classes dangereuses
[…] » (Jean-Jacques Bedu et Gilles Freyssinet, Francis Carco. Romans. Lafont, 2004, p. 109 & 111).
L’ouvrage paraît donc avec, à partir de la troisième partie, un chapitre entier censuré (le XXIV), un second qui l’est à moitié, et quelques phrases ici et là. Francis Carco a rétabli, dans l’exemplaire, la première phrase censurée, qui introduit toutes les sections concernant le bataillon : « j’mi engage au Bataillon ».
Talvart précise qu’il a été tiré, « pour l’auteur, et sans justification, des exemplaires sur hollande et sur japon dans lesquels les passages supprimés ont été rétablis, soit à la main, soit à l’aide de papillons. Dans l’édition courante, les blancs sont laissés, chaque passage ou page vierge étant marqué « [Censuré] ».»











