Les Forêts de la nuit

Paris, René Julliard, (24 septembre) 1947.
1 vol. (145 x 195 mm) de 385 p. et [1] f. Broché.
Édition originale.

Un des exemplaires imprimés du service de presse.

Joints : lettre autographe signée à l'un des jurés du Prix Goncourt, pour le remercier de son soutien (en date du 18 décembre 1947) ; 1 f. volant (faux-titre de l'édition courante) avec envoi signé à Max-Philippe Delatte (« en toute sympathie »), daté du 8 déc. 1947.

Prix Goncourt 1947. Jeune normalien béarnais, Jean-Louis Curtis (1917-1995) obtint le prix pour son premier roman, Les Forêts de la nuit, récit des années d’Occupation. Mêlant résistants, collaborateurs et attentistes, l’ouvrage se distingue par son refus du manichéisme et une écriture limpide qui fit forte impression dans l’immédiat après-guerre et jusqu’à nos jours, puisque Michel Houellebecq lui rend hommage dans un passage de La Carte et le Territoire (prix Goncourt 2010) où il deux de ses livres, La France m’épuise et La Quarantaine comme des livres très réussis sur la sensation de perte dans le passage de la France traditionnelle au monde moderne.

L’attribution du prix à Curtis fit également date par son contexte houleux. Sacha Guitry et René Benjamin, réintégrés au jury après leur suspension, contestèrent la légitimité de l’Académie et créèrent un prix parallèle, que Guitry surnomma « le prix Jules et le prix Edmond », qui récompensa Salut au Kentucky de Haedens. Seuls huit jurés prirent part au vote officiel, qui couronna Curtis. Le prix dissident n’eut qu’une seule édition en 1947 : un procès mit fin à l’aventure, Benjamin mourut la même année, et Guitry finit par démissionner.

Ce Goncourt, attribué à un romancier de trente ans, consacrait aussi René Julliard, éditeur triomphant pour la deuxième année consécutive après Gautier en 1946. L’ouvrage connut une large diffusion et ouvrit à Curtis une carrière littéraire durable, qui culmina avec son élection à l’Académie française en 1986 ; il sera également reçu à l’Académie de Béarn en 1987 et il est l’un des quatre Prix Goncourt que compte l’Académie, avec Thierry Sandre, Joseph Peyré et Paule Constant.

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