Un des 300 exemplaires sur vergé d'Arches, justifiés et signés par l'éditeur (n° 107).
Envoi signé : « À notre excellente amie et voisine, Madame Labat, en souvenir d'une des plus grandes joies de Jean. Bordeaux, le 18 octobre 1915. S. de La Ville [Suzanne de La Ville de Mirmont, sœur de l'auteur] ».
L'exemplaire est sous la couverture de première émission (orange).
Roman unique et foudroyant, conçu dès 1911 (« Mon personnage est définitivement employé de ministère… Il s’ennuie mortellement par faute d’imagination… Je n’ai même pas la peine d’inventer »), fantaisie à double sens d’une modernité sidérante où l’ennui méthodique, l’humour sec et la langue d’une pureté classique mènent Jean Dézert à planifier jusqu’à son suicide « un dimanche afin de ne pas manquer son bureau » ; Jean Le Cardonnel saluera, dans l’Anthologie des écrivains morts à la guerre (1926), « ce petit roman, écrit dans une admirable langue, d’un pessimisme amer et d’une ironie hautaine ». Premier et dernier livre d’un jeune sergent tombé sur le front de l’Aisne en novembre 1914, nuque brisée par le souffle d’un Minenwerfer au Chemin des Dames (Verneuil), il est devenu l’une des oeuvres-phares de la littérature de la perte et de la vie ordinaire
Émouvant exemplaire offert par sa soeur, Suzanne, laquelle devait, trois ans jour pour jour après cet envoi, le 18 octobre 1918, donner naissance à son seul fils, qu’elle prénomma Jean en souvenir de son défunt frère. Jean Mathivet de la Ville de Mirmont eut quant à lui une grande carrière de diplomate, médaillé de la Croix du Combattant volontaire de Résistance. De la bibliothèque Jean-Claude Delaunay (ex-libris).




